L’énergie nucléaire française fait face à un double défi : prolonger la durée de vie des centrales existantes tout en construisant de nouveaux réacteurs. La remise en service de l’unité 1 de Paluel le 12 septembre illustre l’effort consenti pour étendre la durée de vie des réacteurs existants, avec plus de 60 % des travaux de modification engagés dix-huit mois avant la visite décennale. Ce processus mobilise plus de 130 entreprises et près de 4 000 personnes au pic d’activité. Prolonger la durée de vie d’une centrale nucléaire représente un projet industriel colossal, nécessitant une intervention continue pour démontrer qu’elle peut continuer à fonctionner dans les conditions de sûreté requises. Le Grand Carénage, qui regroupe trois types d’activités — la rénovation ou le remplacement de gros composants, les modifications visant à améliorer la sûreté et la garantie de la qualification des équipements —, joue un rôle clé dans cette démarche.
Le défi des prochaines années consistera à mener de front la construction de nouveaux réacteurs et l’allongement de la durée de vie du parc existant. Si les nouveaux réacteurs ne remplaceront pas du jour au lendemain la capacité actuelle, l’industrie devra gérer simultanément ces deux programmes industriels. Les moyens industriels nécessaires sont considérables, une seule visite décennale mobilisant plusieurs milliers de personnes. Cette activité s’étalera sur des années, au rythme des différentes visites périodiques des réacteurs.
Prolonger la durée de vie d’une centrale, c’est aussi la transformer, car les exigences évoluent, les technologies deviennent obsolètes et les normes de sûreté progressent. Les drones et les vols automatisés ouvrent de nouvelles possibilités d’inspection, permettant d’établir un véritable dossier de santé des structures. Pourtant, l’énergie nucléaire a cette particularité de faire coexister le très récent et le très ancien, exigeant la maîtrise de l’électronique analogique conçue à l’époque de la construction de la centrale.
La question des compétences pourrait bien s’avérer encore plus déterminante que celle des technologies. Certains rapports d’inspection réalisés il y a près de trente ans servent encore aujourd’hui à comprendre l’évolution d’une structure. Des ingénieurs peuvent ainsi se retrouver à inspecter des structures qu’ils avaient déjà contrôlées dix ans plus tôt, soulignant l’importance de la continuité dans le suivi du vieillissement des infrastructures.
Près de 100 000 emplois seront nécessaires au cours des dix prochaines années, et certaines compétences sont déjà sous tension. La visibilité retrouvée sur les futurs programmes est donc essentielle, car on ne forme pas un soudeur, un inspecteur en génie civil ou un spécialiste du contrôle nucléaire au moment même où l’on découvre leur besoin. Le temps perdu en termes industriels est difficile à rattraper, et celui de l’expertise l’est encore moins.
L’expérience accumulée sur le parc existant devrait permettre d’éviter, dans vingt ou trente ans, de découvrir des contraintes qui auraient pu être anticipées dès la phase de conception. Le défi du nouveau nucléaire ne consiste donc pas seulement à construire vite. Il s’agit de construire rapidement ce que l’industrie saura entretenir longtemps. Paluel nous rappelle que le redémarrage du nucléaire français ne commence pas avec le premier béton d’un EPR2. Il est déjà en cours dans les centrales existantes, dans les milliers d’opérations nécessaires pour prolonger leur durée de vie, et dans les compétences qu’il faut préserver et transmettre aujourd’hui. L’énergie nucléaire française est ainsi confrontée à un double impératif : préparer de nouvelles capacités tout en prenant soin de celles qui existent déjà. Ces deux défis ne sont pas concurrents. L’expérience acquise dans la réalisation du premier devrait permettre de mieux réussir le second.
Le double défi nucléaire de la France : prolonger les centrales existantes et construire de nouveaux réacteurs
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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