Le 30 juin 1973, le Concorde 001, premier prototype de l’avion supersonique, a volé à Mach 2, soit deux fois la vitesse du son, prolongeant ainsi la durée d’une éclipse solaire totale. Au sol, l’éclipse n’aurait duré qu’environ 7 minutes, mais à bord de l’appareil, l’obscurité totale s’est maintenue pendant 74 minutes. Ce phénomène s’explique par la vitesse de l’avion, qui a permis de suivre le déplacement de l’ombre de la Lune, se déplaçant à plus de 2 000 km/h. Le vol a débuté à Las Palmas, dans les îles Canaries, et l’appareil a rejoint l’ombre au-dessus de la Mauritanie en volant à Mach 2,08, comme le précise un texte de Pierre Léna, associé au Musée de l’air et de l’espace. À une altitude de 17 000 mètres, l’équipage n’avait qu’à rester dans l’ombre tandis que la Terre défilait sous eux.
Quatorze personnes se trouvaient à bord, dont six membres d’équipage et huit chercheurs originaires de France, de Grande-Bretagne et des États-Unis. L’idée de mener cette expérience était née en mai 1972 lors d’un déjeuner à l’aéroport de Toulouse, lorsque Pierre Léna, astronome à l’Observatoire de Paris, avait proposé au pilote d’essai André Turcat d’observer l’éclipse de 1973 depuis un avion. Bien que l’approbation n’ait pas été immédiate, à l’automne 1972, Léna a appris que son équipe et celle de Turcat pouvaient commencer les préparatifs, la décision finale n’étant prise qu’en février 1973. Auparavant, l’astrophysicien britannique John Beckman s’était vu refuser l’accès au second prototype, le Concorde 002, pour une mission similaire. Le 2 février, le vol a été officiellement annoncé.
Le Concorde 001 avait été modifié pour cette mission, avec l’ajout de hublots sur le toit et l’installation d’instruments d’observation. Un dernier vol d’essai a eu lieu à Toulouse le 27 juin, soit trois jours avant l’éclipse. Des images conservées par l’Institut national de l’audiovisuel montrent le prototype préparé comme un véritable laboratoire volant. L’équipage comprenait André Turcat, pilote en chef, ainsi que d’autres spécialistes, tandis que les huit chercheurs, invités par le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), ont mené cinq expériences. Ils ont étudié la couronne solaire à différentes longueurs d’onde, leurs laboratoires s’étendant de Los Alamos à l’Observatoire de Paris, en passant par Kitt Peak, Queen Mary à Londres et Aberdeen.
Selon Léna, les programmes scientifiques ont été couronnés de succès, et l’avion a atterri à Fort-Lamy, aujourd’hui N’Djamena, au Tchad. Les images capturées pendant le vol ont été diffusées au journal télévisé de 20 heures. Si Wikipédia souligne que les cinq expériences n’ont eu qu’un impact scientifique limité, la performance reste impressionnante : 74 minutes de totalité, la plus longue observation d’une éclipse solaire totale jamais enregistrée. Le Concorde 001 est aujourd’hui exposé au Musée de l’air et de l’espace, arborant toujours la livrée spéciale de la mission éclipse. Les vols commerciaux d’Air France et de British Airways n’ont débuté que le 21 janvier 1976, près de deux ans et demi après ce vol d’essai.
Mission d'observation de l'éclipse par le Concorde 001 en 1973
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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