Un professeur de 82 ans a été condamné à quatre ans de prison pour avoir mené des essais cliniques non autorisés dans une abbaye. Le professeur Jean-Bernard Fourtillan a été reconnu coupable par le tribunal correctionnel de Paris le 1er octobre d’avoir réalisé des recherches interventionnelles sur l’être humain sans autorisation officielle, d’avoir exercé illégalement la médecine et la pharmacie, ainsi que de fraude et d’abus de confiance. Ces chefs d’accusation sont liés aux tests de patchs qu’il avait développés pour traiter les maladies de Parkinson et d’Alzheimer. Le tribunal a émis un mandat d’arrêt à l’encontre de Fourtillan et lui a interdit d’exercer dans les domaines de la santé et de la pharmacie. Il a également été condamné à verser des dommages et intérêts importants aux personnes affectées par ses agissements.
Les essais ont été menés sur des volontaires. Fourtillan, pharmacien et enseignant, affirmait avoir découvert une hormone sécrétée par la glande pinéale du cerveau, qu’il avait nommée valentonine. Il était convaincu que cette hormone, associée à une autre substance appelée 6-méthoxy-harmalan (6-MH), pouvait traiter les maladies neurodégénératives. Cependant, ces allégations ont été rejetées par les autorités médicales. Pour tester sa théorie, Fourtillan et son épouse organisaient des groupes d’une trentaine de personnes pour se rendre à l’abbaye Saint-Croix de Saint-Benoît (Vienne), près de Poitiers, où les religieuses accueillent habituellement des retraites. Selon l’enquête, près de 400 personnes – patients et individus en bonne santé – ont été testées lors de 19 séances nocturnes entre mai 2018 et août 2019.
Le juge David Mayel a expliqué que Fourtillan avait tenté de convaincre les participants que ses patchs pouvaient guérir les maladies neurodégénératives, une affirmation non étayée par les traitements existants. Pour donner plus de crédibilité à ses propos, il a mené ces essais non régulés. Le tribunal a également souligné que Fourtillan sollicitait constamment des dons, notamment auprès de personnes atteintes de maladies neurodégénératives, souvent plus vulnérables. Le juge a indiqué que Fourtillan avait détourné environ 130 000 euros sur les 700 000 euros collectés pour son « Fonds Josefa », nommé d’après la religieuse mystique espagnole Josefa Menéndez, morte à Poitiers. Il avait reçu ces dons personnellement et les avait investis en secret dans de l’or.
Marianne Fourtillan, son épouse et organisatrice clé des essais, a été condamnée à deux ans de prison, dont un an avec sursis. Le professeur Henri Joyeux, présenté comme le « bras droit » de Fourtillan, a écopé d’un an de prison avec sursis et d’une amende de 10 000 euros. Cette affaire met en lumière les dangers des expérimentations médicales non régulées et l’exploitation de personnes vulnérables à des fins personnelles.
Un professeur français condamné pour essais cliniques controversés à l'abbaye
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Sources d'origine :
- 🇫🇷BFMTV



