Hausse du pouvoir d'achat pour les salariés du secteur privé

Le salaire net moyen dans le secteur privé a gagné 1,5 % en pouvoir d'achat en 2025, selon les chiffres publiés par l'Insee le 22 octobre 2026. Cette progression fait suite à une hausse de 0,8 % en 2024. L'amélioration du pouvoir d'achat n'a pas été uniforme selon les niveaux de salaire, les rémunérations les plus élevées ayant davantage profité du recul de l'inflation.

Détails du salaire moyen en 2025

En 2025, le salaire mensuel net moyen dans le secteur privé s'est élevé à 2 797 euros en équivalent temps plein, contre 3 693 euros en brut. Cela représente une hausse de 2,5 % en euros courants. Le taux d'inflation annuel ayant ralenti à 0,9 %, la hausse ajustée du salaire moyen atteint 1,5 %. Il s'agit de la deuxième année consécutive d'amélioration.

Salaire médian et répartition des salaires

Toutefois, le salaire moyen ne reflète pas la situation de la majorité des salariés. Le salaire médian, qui partage les salaires en deux groupes de même taille, est de 2 238 euros net par mois. Un salarié sur dix gagne moins de 1 519 euros, tandis qu'un salarié sur dix gagne plus de 4 441 euros. Les 1 % des salariés les mieux rémunérés touchent 10 552 euros net par mois, selon les données de l'Insee.

Comprendre l'équivalent temps plein et les salaires nets

Ces chiffres sont exprimés en équivalent temps plein, ce qui signifie qu'ils ramènent les salaires à une année complète de travail à temps plein. Ils ne correspondent donc pas nécessairement au montant effectivement versé chaque mois à une personne travaillant à temps partiel ou ayant connu une interruption d'activité. Le « net » utilisé par l'Insee désigne le montant avant prélèvement de l'impôt sur le revenu.

Le pouvoir d'achat selon le niveau de salaire

La hausse du pouvoir d'achat atteint 1,0 % au seuil des 10 % de salaires les plus bas, contre 1,6 % au seuil des 10 % de salaires les plus élevés. Elle grimpe à 2,2 % au seuil du 1 % de salaires les plus hauts. L'amélioration est donc générale dans la distribution, mais son intensité varie.

Rupture avec la période inflationniste précédente

Ce mouvement inverse celui observé lors de la poussée inflationniste de 2022 et 2023. Les revalorisations automatiques du salaire minimum avaient alors mieux protégé les bas salaires, tandis que les salaires plus élevés perdaient du pouvoir d'achat. En 2025, le rapport entre le neuvième et le premier décile passe de 2,91 à 2,92 : une hausse limitée, mais qui met fin à la réduction de l'écart de l'échelle des salaires observée auparavant. Cet écart reste toutefois inférieur à celui de 2019.

Une croissance des salaires inégale selon les secteurs

La construction affiche une hausse réelle du salaire net moyen de 2,3 %, contre 1,5 % dans l'industrie et 1,5 % dans les services. Pour les personnes présentes deux années complètes dans la même entreprise avec des durées de travail comparables, le salaire moyen progresse de 2,8 % après inflation. Cette population ne représente toutefois qu'environ la moitié des salariés couverts par l'étude ; son évolution ne peut pas être étendue à l'ensemble des salariés.

Les inégalités salariales entre femmes et hommes persistent

En 2025, les femmes gagnent en moyenne 12,8 % de moins que les hommes en équivalent temps plein, soit une baisse de 0,3 point sur un an. Leurs salaires nets moyens progressent de 1,7 % après inflation, contre 1,4 % pour les hommes. L'écart s'est réduit de 5,2 points en dix ans, mais il n'a pas disparu.

Les limites de la comparaison salariale

La comparaison neutralise les différences de durée de travail, mais pas celles de professions, de fonctions, de secteurs ou d'entreprises. Elle ne mesure donc pas un écart pour des postes strictement identiques. La sous-représentation des femmes parmi les salaires les plus élevés demeure marquée : elles représentent 24,7 % des 1 % de salariés les mieux rémunérés, alors qu'elles constituent 42 % des effectifs mesurés en équivalent temps plein.

Retour au niveau de pouvoir d'achat de 2019

Le retour du pouvoir d'achat du salaire moyen au-dessus de son niveau de 2019, relevé par l'Insee, constitue une étape importante. Cela ne signifie pas que tous les salariés ont retrouvé leur situation antérieure, ni que les revenus de tous les ménages évoluent au même rythme. Les données portent sur les salaires de 2025, et non sur les fiches de paie d'octobre 2026.