Les salaires peinent à suivre l'inflation

La Banque de France indique que les salaires négociés dans les entreprises ont progressé en moyenne de 1,7 % au troisième trimestre 2026, alors que l'inflation atteignait 2,5 % sur la même période. Cela révèle un écart entre la hausse des salaires et l'augmentation du coût de la vie.

Une progression salariale qui reste stable

La hausse annuelle moyenne des salaires négociés dans le cadre d'accords d'entreprise est restée à 1,7 % au troisième trimestre 2026, un niveau identique à celui du trimestre précédent. Dans les branches professionnelles, les salaires minimaux conventionnels ont augmenté en moyenne de 1,2 %.

L'inflation dépasse la hausse des salaires

Au troisième trimestre 2026, le taux d'inflation moyen, mesuré par l'indice des prix à la consommation, s'est élevé à 2,5 % sur un an. Il était de 2,1 % au deuxième trimestre et de 1 % au premier, ce qui traduit un écart grandissant avec la progression des salaires.

Forte hausse du salaire minimum

Le salaire minimum interprofessionnel de croissance (Smic) a été revalorisé de 2,41 % en juin 2026, pour atteindre 12,31 euros de l'heure, soit 1 867,02 euros par mois pour un temps plein. Cette hausse place le Smic 3,6 % au-dessus de son niveau moyen d'un an plus tôt.

Le salaire minimum met la pression sur les branches

La hausse du Smic a contraint les branches qui versent déjà des rémunérations supérieures au minimum légal à revoir leurs grilles salariales. La Banque de France a relevé une hausse de 1,3 % des salaires minimaux inférieurs à 1,05 fois le Smic, contre 1 % pour ceux situés au-delà de 1,6 fois le Smic.

Davantage d'accords dépassent 2 % de hausse

Au troisième trimestre 2026, 24 % des hausses de salaires négociées dans les branches ont dépassé 2 %, contre 16 % au deuxième trimestre. Pour les accords d'entreprise, cette proportion est passée de 21 % à 29 %, même si la hausse moyenne des salaires est restée à 1,7 %.

Le calendrier des négociations influe sur les résultats

Les accords salariaux de branche et d'entreprise sont souvent signés avant que l'impact complet de l'inflation ne soit connu. Le troisième trimestre enregistre généralement moins d'accords signés, ce qui invite à la prudence dans l'interprétation des évolutions de la répartition des salaires.

Sources des données et méthodes de calcul

La Banque de France établit ses données à partir des accords publiés sur Légifrance. Elle prend en compte les augmentations générales et individuelles de salaire, mais exclut les primes et les heures supplémentaires. Au deuxième trimestre, les salaires moyens, primes et heures supplémentaires compris, ont progressé de 1,8 % sur un an.

Les prochaines négociations font face à des défis

Le prochain cycle de négociations salariales devra tenir compte de la hausse des prix et de la revalorisation du salaire minimum légal. Les données du troisième trimestre montrent que ces facteurs affectent les grilles et les accords salariaux de manière inégale, selon le niveau de rémunération.