Dunkleosteus terrelli, un superprédateur préhistorique, est désormais estimé beaucoup plus petit qu'on ne le pensait, de nouvelles recherches plaçant sa taille moyenne à 3,4 mètres.
Taille de Dunkleosteus revue à la baisse
Des recherches récentes ont révisé la taille estimée de Dunkleosteus terrelli, prédateur dominant du Dévonien, passant des estimations précédentes de 8 à 10 mètres à environ 3,4 mètres en moyenne, le plus grand spécimen connu atteignant 4,1 mètres.Nouvelle méthode de mesure
Cette révision fait suite à une étude de 2023 signée Russell Engelman, publiée dans la revue Diversity, qui a utilisé comme méthode de mesure la distance entre l'orbite oculaire et l'opercule, une plaque osseuse protégeant les branchies. Les estimations antérieures, qui allaient de 5 à 10 mètres, reposaient en grande partie sur des comparaisons avec les requins modernes et ont largement circulé, notamment dans des notices de musées.Dunkleosteus, un superprédateur
Dunkleosteus terrelli, un placoderme ou poisson à carapace osseuse, est considéré comme l'un des premiers superprédateurs connus de l'histoire de la vie sur Terre. Il a vécu il y a environ 382 à 358 millions d'années, à la fin du Dévonien.Les difficultés pour déterminer sa taille
Le corps de Dunkleosteus était principalement cartilagineux, et seules les plaques osseuses du crâne et du thorax ont traversé le temps, laissant la partie postérieure de l'animal largement hypothétique. Cela a rendu difficile pour les paléontologues la détermination de sa taille exacte.Une mâchoire unique
Dunkleosteus ne possédait pas de véritables dents au sens classique, comme des incisives ou des canines. Ses mâchoires étaient en revanche bordées de lames osseuses tranchantes, directement intégrées au squelette crânien. Ces lames fonctionnaient à la manière de cisailles auto-affûtantes, conservant leur tranchant grâce au frottement répété entre les mâchoires supérieure et inférieure.Des fossiles largement répartis
Malgré la révision de sa taille, Dunkleosteus est resté un prédateur dominant des océans du Dévonien. Son armure crânienne et thoracique, composée d'épaisses plaques osseuses, lui offrait une protection presque impénétrable face aux autres prédateurs marins cuirassés. Des fossiles du genre Dunkleosteus ont été découverts sur plusieurs continents, notamment aux États-Unis, au Canada, en Pologne, en Belgique, au Maroc et en Russie.L'origine du nom
Le genre Dunkleosteus a été nommé en 1956 en l'honneur de David Dunkle, alors conservateur de paléontologie des vertébrés au Musée d'histoire naturelle de Cleveland. Ce musée est resté étroitement associé à l'étude de cette créature pendant des décennies.Une taille révisée qui ne réduit pas l'intérêt scientifique
La révision à la baisse de la taille de Dunkleosteus ne diminue pas son intérêt scientifique. Elle illustre le caractère dynamique de la paléontologie, où de nouvelles méthodes de mesure peuvent remettre en question des chiffres établis de longue date. Quelle que soit sa taille exacte, Dunkleosteus reste l'une des figures les plus saisissantes de l'évolution des vertébrés marins.