Le plus grand projet éolien en mer de France démarre

La France a lancé le projet Ao10 en juin 2026, le plus grand projet éolien en mer de son histoire. Le projet vise à produire 10 gigawatts d’électricité, soit davantage que la production cumulée des neuf précédents appels d’offres, et alimenterait plusieurs millions de foyers français une fois achevé.

Des parcs éoliens répartis sur les côtes françaises

Les parcs éoliens seront répartis sur l’ensemble du littoral métropolitain, y compris la Manche, l’Atlantique et la Méditerranée. Le projet utilisera à la fois des éoliennes posées sur le fond marin près du littoral et des éoliennes flottantes dans les eaux plus profondes, où les vents sont plus forts.

Un projet porteur d’emplois, mais critiqué

Le projet devrait créer des milliers d’emplois, ce qui en fait un enjeu industriel et social majeur pour le gouvernement. La France veut rattraper ses voisins, comme le Royaume-Uni, l’Allemagne et le Danemark. Toutefois, un rapport publié le 26 octobre critique l’impact environnemental du projet ainsi que le coût excessif des installations.

L’opposition des pêcheurs et des défenseurs de l’environnement

Les pêcheurs et les défenseurs de la biodiversité marine s’opposent fermement au projet, invoquant la modification des zones de pêche et les effets négatifs potentiels sur les écosystèmes marins. Erwan Seznec, rédacteur en chef adjoint de la rubrique Société du Point et auteur de l’enquête, a déclaré sur Sud Radio qu’il existe de meilleures options énergétiques, et moins coûteuses.

Un plan de subventions et des inquiétudes sur le coût

La France a annoncé une subvention maximale de 63 milliards d’euros sur vingt ans pour soutenir le programme, un choix décrit comme plus politique qu’écologique. Le projet devrait être subventionné pendant toute sa durée de vie, et les grands projets éoliens en mer demandent 10 ans de conception. Sur le plan climatique, son impact est nul, car en l’absence de vent, il faut redémarrer des centrales à gaz.

Les éoliennes flottantes face à des défis

Le concept d’éolienne flottante consiste à installer des « tours Eiffel », ces éoliennes de 300 mètres, sur d’immenses barges. Un appel d’offres pour des prototypes a été lancé afin de tester leur résistance et leur efficacité, ainsi que d’évaluer les nuisances sonores et visuelles des éoliennes en mer. Toutefois, cet appel d’offres pourrait être voué à l’échec, car aucun candidat ne se présente pour l’éolien flottant, « même avec les conditions très généreuses que propose l’État ».

Des coûts élevés et un avenir incertain

Les 10 milliards d’euros d’investissements devraient permettre de lancer le parc, mais le coût annuel d’exploitation, encore flou, se chiffrera en milliards d’euros. Un spécialiste affirme que « nous paierons, vous et moi, et les industries paieront. L’éolien en mer consiste à dépenser beaucoup d’argent pour obtenir une électricité plus chère et un réseau instable ».