La France pourrait connaître une augmentation notable du nombre de médecins au cours des prochaines décennies, selon une projection de la Drees, le service statistique du ministère de la Santé. L’étude, publiée mardi, s’appuie sur un scénario où environ 12 200 étudiants continuent d’intégrer la deuxième année de médecine chaque année, et où 2 500 médecins formés hors de l’Union européenne (UE) sont intégrés au système de santé annuellement. Dans ce cadre, le nombre d’internes et de médecins de moins de 70 ans en exercice atteindrait environ 351 300 d’ici à 2030, puis 464 200 d’ici à 2060. À l’heure actuelle, la France compte 261 800 médecins et étudiants en médecine. La Drees a également examiné d’autres scénarios. Dans l’un d’eux, où aucun médecin formé hors de l’UE n’est intégré, le nombre de médecins en 2060 atteindrait tout de même 400 800, soit une hausse de plus de 50 % par rapport au total actuel. Si le nombre d’étudiants entrant en deuxième année de médecine chutait à 9 200 en 2031, le nombre de médecins en 2060 serait légèrement inférieur, à 401 800. À l’inverse, si ce nombre augmentait à 15 200 en 2031, le nombre de médecins frôlerait les 527 700, soit presque le double. La Drees souligne que ces projections ne sont pas des prédictions, mais des outils pour analyser les impacts potentiels de différents scénarios. Étant donné la durée longue des études médicales – généralement au moins dix ans –, l’agence rappelle que la main-d’œuvre médicale attendue en 2040 est déjà largement déterminée par le nombre actuel de médecins en exercice et d’étudiants en médecine. Cela met en lumière l’importance des taux d’inscription et de rétention actuels pour façonner l’avenir des soins en France.