Des chercheurs de l'Institut Pasteur explorent comment les bactéries intestinales et nasales pourraient influencer des maladies comme Alzheimer et la dépression, ouvrant de nouvelles pistes thérapeutiques.
Microbiote et maladies cérébrales
Des chercheurs de l’Institut Pasteur à Paris étudient comment les bactéries présentes dans l’intestin et le nez pourraient influencer des maladies cérébrales comme la maladie d’Alzheimer, la maladie de Parkinson ou encore la dépression. Ils cherchent notamment à déterminer si ces microbes pourraient contribuer au déclin cognitif ou modifier l’efficacité des antidépresseurs.Les études sur les souris révèlent des effets du microbiote
Lors d’expériences menées sur des souris, les scientifiques ont observé que la transplantation de bactéries intestinales issues de personnes âgées atteintes d’Alzheimer entraînait un déclin plus rapide de la mémoire que celles issues de personnes âgées en bonne santé. Ces résultats suggèrent que certaines bactéries pourraient jouer un rôle dans le déclin cognitif, bien que ces conclusions nécessitent d’être confirmées chez l’humain.Le microbiote nasal lié à la maladie de Parkinson
Une autre équipe de l’Institut Pasteur se penche sur la manière dont les bactéries nasales pourraient contribuer à la maladie de Parkinson. Leurs travaux montrent que le transfert de bactéries nasales de souris malades vers des souris saines peut déclencher des symptômes similaires à ceux de la maladie de Parkinson, ce qui indique un lien potentiel entre le microbiote nasal et cette pathologie.Microbiote et efficacité des antidépresseurs
Les chercheurs ont également découvert que les déséquilibres du microbiote intestinal peuvent réduire la production de sérotonine, un neurotransmetteur essentiel à l’humeur. La restauration du microbiote chez des souris présentant des symptômes dépressifs les a rendues plus sensibles aux antidépresseurs, ce qui laisse penser que l’alimentation et le mode de vie pourraient influencer l’efficacité des traitements.Recherches futures et traitements
Bien que ces résultats soient prometteurs, l’équipe souligne que ces découvertes doivent encore être validées chez l’humain avant de pouvoir envisager de nouvelles thérapies. Les chercheurs collaborent avec une entreprise montpelliéraine pour explorer le développement à long terme de médicaments visant à ralentir le déclin cognitif.