Pape Léon XIV s’est rendu en France pour souligner l’importance du dialogue et de l’amitié entre les religions. Sa visite met cependant en lumière un défi : la nécessité d’un échange mutuel, et non d’une simple conversation à sens unique. Aujourd’hui, la communauté musulmane en France doit définir comment elle entend pratiquer sa foi dans le cadre de la République.
À Casablanca, le 19 août 1985, Jean-Paul II s’adressait à quatre-vingt mille jeunes Marocains réunis au Stade Mohammed V. Ce fut un moment historique, puisque c’était la première fois qu’un pape s’exprimait directement devant un large public musulman. Le défunt roi Hassan II du Maroc avait invité le pape à l’occasion de l’Année internationale de la jeunesse. Jean-Paul II avait salué l’histoire du Maroc en matière de coexistence religieuse, soulignant la présence durable des communautés juives et chrétiennes. Cet événement symbolisait un pont entre le christianisme et l’islam.
Quarante et un ans plus tard, le 25 septembre 2026, quatre-vingt mille jeunes se rassemblent au Stade de France à Saint-Denis pour accueillir Pape Léon XIV. Le nombre de participants et le choix du lieu reproduisaient ceux de l’événement précédent. Pourtant, le contexte avait changé. En 1985, l’Église pénétrait un territoire musulman au Maroc. En 2026, elle rassemble sa propre jeunesse dans une ville française où l’islam est visible dans la vie quotidienne, des rues aux commerces en passant par les conversations.
Bally Bagayoko, magistrat musulman et premier magistrat de la ville, a accueilli Pape Léon XIV sur le sol français. Ce geste symbolisait que l’islam n’est pas seulement une présence visible dans les espaces urbains, mais aussi représenté par des élus de la République. Au fil de son déplacement de Paris à Lourdes, puis à Metz, Pape Léon XIV a traversé une France où l’islam est la deuxième religion. Pourtant, dans le récit officiel de sa visite, les voix des musulmans de France sont restées en marge, souvent présentées comme des réceptacles passifs plutôt que comme des acteurs à part entière du dialogue interreligieux.
Malgré cela, la communauté musulmane en France dispose d’un précédent historique. Le Maroc est depuis longtemps un lieu où l’islam coexiste avec d’autres confessions. Depuis des siècles, il abrite des communautés qui ont protégé des églises minoritaires, comme le monastère chrétien du Moyen-Atlas. Deux papes, Jean-Paul II et pape François, ont été accueillis au Maroc sans que leur propre foi en soit compromise. Ces expériences, bien qu’elles ne constituent pas un modèle direct, offrent des pistes précieuses pour pratiquer le dialogue interreligieux.
À Metz, Pape Léon XIV s’est adressé aux dirigeants des six principales religions de France. Il a souligné que le dialogue ne fragilise pas l’identité, mais l’exprime. Il a rejeté la tolérance polie au profit d’une amitié sincère et condamné toute violence commise au nom de Dieu. Ce message s’inscrit dans la continuité de celui de Jean-Paul II à Casablanca, puis à Assise, en Italie, où il avait organisé une prière mondiale pour la paix en 1986. Pape Léon XIV a ainsi maintenu ouverte la porte du dialogue interreligieux, une tradition initiée au Maroc.
Les musulmans de France se heurtent aujourd’hui à un défi différent. Contrairement aux pays où l’islam est majoritaire, ils doivent élaborer une doctrine leur permettant de pratiquer leur foi dans une société laïque. Une tâche que nul pape ne peut accomplir à leur place. C’est à la communauté musulmane de définir sa place dans la société française, en s’appuyant sur les exemples historiques de coexistence et de respect mutuel. Ce n’est pas une tâche aisée, mais elle est essentielle pour l’avenir des relations interreligieuses en France.
La visite du pape en France suscite un dialogue sur la religion et l’identité
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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Sources d'origine :
- 🇫🇷Causeur



