Les chirurgiens français ne sont responsables qu'en cas de faute, et non de résultats garantis, mais des exceptions existent pour les lésions d'organes non concernés.
Responsabilité du chirurgien fondée sur la faute
En France, la responsabilité du chirurgien dépend de l'existence d'une faute, et non du résultat de l'intervention. Les chirurgiens sont tenus de fournir des soins conformes aux données de la science, mais ils ne sont pas tenus d'atteindre un résultat précis. Ce principe figure à l'article L1142-1 du Code de la santé publique, qui dispose que le chirurgien n'est responsable des conséquences dommageables qu'en cas de faute prouvée.Charge de la preuve incombant au patient
Si un chirurgien cause un dommage au cours d'une intervention, le patient doit prouver que le chirurgien a commis une faute. Cette démarche passe généralement par la saisine d'un expert médical judiciaire. L'expert évalue si les actes du chirurgien étaient conformes au niveau de soins requis. La responsabilité de démontrer la faute repose ainsi sur le patient.Présomption de faute pour les dommages sans lien avec l'intervention
Il existe une exception lorsqu'un chirurgien endommage un organe qui n'est pas concerné par l'intervention. Dans ce cas, la Cour de cassation présume la faute du chirurgien, ce qui renverse la charge de la preuve à son détriment. Cette présomption s'applique notamment à une lésion de l'artère poplitée lors d'une ligamentoplastie, ou à une lésion du nerf lingual lors d'une extraction de dent de sagesse.Limites de la présomption de faute
Au fil du temps, le champ de cette présomption s'est restreint. La Cour de cassation a jugé que la présomption ne s'applique pas lorsque le dommage était inévitable en raison d'un état antérieur du patient, ou lorsque le risque était inhérent à l'intervention. Par exemple, si une complication est un risque connu et ne peut être maîtrisée, le chirurgien ne peut pas être présumé fautif.Preuve de l'implication directe du chirurgien
La Cour de cassation a insisté sur le fait que la faute du chirurgien doit être directement liée au dommage. Il n'est pas toujours nécessaire d'identifier avec précision le mécanisme de la lésion. Dans un arrêt rendu en 2023, la cour a retenu une conclusion selon laquelle le dommage avait été causé par l'acte du chirurgien, bien que le mécanisme ne soit pas entièrement élucidé.Accidents médicaux non fautifs et indemnisation
Lorsque la faute du chirurgien ne peut être établie, le dommage peut être qualifié d'accident médical non fautif. Dans ce cas, le préjudice est considéré comme un risque inhérent à l'intervention plutôt que comme le résultat d'une négligence. L'indemnisation de ces accidents est assurée par l'ONIAM, un organisme national qui apporte un soutien financier sous certaines conditions.