Critique de la campagne « pinkwashing »

Un collectif nommé Cancer colère dénonce ce qu'il appelle le « pinkwashing », un terme qui désigne la promotion de la sensibilisation au cancer du sein en octobre à travers des symboles roses et des campagnes, tout en ignorant les véritables causes de la maladie. Selon le collectif, cette focalisation sur la sensibilisation ne s'attaque pas aux facteurs environnementaux et sociaux qui contribuent au cancer du sein.

Forte mortalité et impact sur l'emploi

Selon Cancer colère, 12 700 femmes meurent chaque année en France d'un cancer du sein, et une femme sur trois perd son emploi dans les deux ans suivant un diagnostic. Ces chiffres mettent en lumière les lourdes conséquences personnelles et économiques de la maladie.

Témoignage personnel sur la campagne

Aurélie, 36 ans, survivante d'un cancer du sein et membre du collectif, s'est d'abord sentie induite en erreur par la campagne du ruban rose d'octobre. Elle a décrit les ballons roses dans les couloirs des hôpitaux comme donnant l'impression que sa maladie était moins grave ou bien prise en charge, avant de rejeter la campagne après s'être informée davantage sur la gravité du cancer du sein.

Facteurs environnementaux liés au cancer

Aurélie a souligné que la campagne ne devrait pas masquer les causes du cancer du sein, comme les facteurs environnementaux que sont les pesticides, les PFAS et la pollution. Une étude de l'université de Strasbourg, publiée en 2025, a découvert 578 pesticides, 4 PFAS et 30 métaux dans plus de 1 000 tumeurs du sein, établissant un lien entre ces substances et la maladie.

Hausse de l'incidence chez les plus jeunes

Le collectif met également en avant une hausse de 63 % des cancers du sein chez les personnes âgées de trente ans depuis 1990. Pourtant, la campagne du ruban rose d'octobre exclut les moins de 50 ans du dépistage organisé, et la participation au dépistage n'a concerné que 44 % de la population cible en 2024, contre 52,3 % en 2011.

Inégalités d'accès au dépistage

Cancer colère attribue cette faible participation à des inégalités sociales et territoriales : 10 % des femmes âgées de 50 à 74 ans vivent à plus de 25 minutes d'un site de dépistage organisé. Ce manque d'accès aggrave les disparités de santé entre les différentes populations.

Critique des actions politiques

Aurélie reproche aux responsables politiques d'arborer des rubans roses tout en votant des lois qui réintroduisent des pesticides dangereux, et de ne pas mettre en place une prise en charge complète des soins liés au traitement du cancer par l'assurance maladie. Elle souligne également que la campagne ne mentionne pas le défaut de remboursement du Zoladex, un traitement du cancer du sein.

Appels à une action urgente

En tant qu'auto-entrepreneuse, Aurélie a dû continuer à travailler pendant sa chimiothérapie, faute d'indemnisation. Cancer colère réclame un « plan santé d'urgence », la reconnaissance du cancer du sein comme maladie professionnelle, le maintien des revenus pendant les traitements ou l'interdiction des pesticides. Le collectif veut des lois concrètes pour améliorer la qualité de vie des patientes et de leurs proches.