Le secteur du cirque appelle à un financement d'urgence

Le secteur professionnel des arts du cirque en France a lancé un appel pendant le festival Circa à Auch, dénonçant ses difficultés financières et exhortant les pouvoirs publics à agir. Signé par 220 professionnels, cet appel insiste sur la nécessité d'augmenter les financements et le soutien afin d'éviter la disparition d'une partie du secteur.

Le financement du secteur reste très en deçà des besoins

Le secteur reçoit actuellement 29 centimes d'euro par habitant et par an, alors que ses besoins annuels sont estimés à 1,50 euro par personne. Cet écart important suscite des inquiétudes quant à la viabilité du secteur, d'autant que les financements publics ont été réduits au fil du temps.

La reconnaissance institutionnelle ne se traduit pas par des moyens financiers

Marc Jeancourt, codirecteur d'Azimut, résume le problème en ces termes : « Nous sommes sur le papier, nous ne sommes pas dans les budgets. » Malgré la légitimité établie du cirque en tant que forme d'art, l'absence de soutien financier correspondant reste un problème crucial pour sa survie.

Les formations sont gravement menacées

Peggy Donck, directrice du CNAC, souligne l'importance des établissements de formation et affirme que, sans écoles préparatoires solides, toute la chaîne de formation s'affaiblit. Isabelle Joly, de la FEDEC, ajoute qu'il faut des années pour former un artiste et qu'un cursus interrompu ne peut pas être rattrapé.

Un investissement public jugé indispensable

Maël Tortel, président du Syndicat des Cirques et Compagnies de création, estime que le cirque n'est pas un secteur qu'on sauve par charité, mais une politique publique qui soutient l'emploi. Florent Fodella, président de la FFEC, appelle à réorienter les décisions afin de réviser les politiques publiques et de changer de cap.

Des baisses de financement qui s'accumulent

Jean-Marie Songy et Mathilde Favier, de Territoires de Cirque, mettent en garde : le cirque ne disparaît pas à cause d'une décision unique, mais à travers l'accumulation de petites baisses de financement. Malgré la reconnaissance institutionnelle, l'écart entre cette reconnaissance et les budgets réellement alloués reste considérable.

Les artistes soulignent la valeur de leur travail

Baptiste Petit, de la CGT Spectacle, déclare : « La culture n'est pas une marchandise. Nous signerons cet Appel parce que nous voulons vivre de nos métiers. » Alain Reynaud, de La Cascade, met en avant la valeur humaniste du cirque, comparant un saut périlleux à un acte de paix.

Trois demandes principales à l'action politique

L'Appel du cirque adresse trois demandes clés aux autorités nationales et locales : garantir un budget permettant de préserver la vitalité du secteur, veiller à ce que le budget de l'État soit voté à temps afin d'éviter le gel des financements, et obtenir des engagements conjoints à long terme de l'État et des collectivités territoriales.