Portobello : une nouvelle minisérie italienne

Portobello est une minisérie italienne en six épisodes, inspirée de l'histoire vraie d'Enzo Tortora, un présentateur de télévision populaire dans les années 1970 qui a été condamné à tort pour ses liens avec la mafia. La série, réalisée par Marco Bellocchio, retrace le procès, l'emprisonnement et l'acquittement final de Tortora, et met en lumière l'une des erreurs judiciaires les plus célèbres de l'histoire italienne.

L'histoire d'une erreur judiciaire

Enzo Tortora a été faussement accusé par Giovanni Pandico, un homme lié à la Camorra, ce qui lui a valu une peine de prison de dix ans. Innocenté en 1986, Tortora est devenu le symbole d'un système judiciaire italien défaillant. La minisérie explore les aspects tragiques et grotesques de cette affaire, sur fond de l'Italie des années 1980.

Une approche cinématographique pour une minisérie

Les critiques italiens décrivent Portobello comme un film plus cinématographique qu'une série traditionnelle. Chaque épisode dépassant une heure, elle est perçue comme un récit de six heures, construit sur un puissant arc émotionnel. La série est saluée pour sa profondeur, qui capte la décadence morale et la résilience de l'Italie des années 1980.

L'Italie des années 1980 sous les projecteurs

Les critiques ont souligné que Portobello reflète les grands enjeux de la décennie 1980, notamment l'influence de la mafia et la corruption politique. Des journaux italiens comme Corriere della Sera et La Repubblica soulignent la manière dont la série dépeint une Italie prise entre déclin moral et possibilité de rédemption.

Entre comédie et tragédie

Le réalisateur Marco Bellocchio est salué pour son style narratif singulier, mêlant comédie et tragédie. Il accorde un poids égal aux victimes comme aux responsables, ce qui rend chaque personnage mémorable. La série est appréciée pour sa capacité à être à la fois divertissante et troublante, en équilibrant farce et émotion profonde.

Un récit kafkaïen

Des critiques italiens ont comparé Portobello à l'œuvre de Franz Kafka, la qualifiant de série la plus kafkaïenne jamais réalisée. La série capture l'absurdité du système judiciaire et la nature surréaliste de l'épreuve vécue par Tortora, en associant un hyperréalisme à une qualité onirique.

Une distribution éblouissante

La série est saluée pour son casting remarquable, la performance de Lino Musella dans le rôle de Pandico recevant un éloge particulier. Les critiques ont qualifié son interprétation de « phénoménale », et d'autres acteurs, dont Fabrizio Gifuni dans le rôle de Tortora, sont également salués pour leurs rôles. La distribution secondaire apporte de la profondeur, certains acteurs moins connus ayant été acclamés pour leurs prestations.

Une correction de la mémoire

Selon Il Post, la série ne se contente pas de rappeler des souvenirs oubliés de l'Italie des années 1980, mais les « corrige » aussi par une reconstitution lucide et intense. La série est considérée comme une puissante réflexion historique, offrant un regard neuf sur une époque tumultueuse de l'histoire italienne.