Édouard Philippe, ancien Premier ministre et candidat du parti Horizons, a exposé plusieurs propositions politiques lors de son passage dans l’émission L'Heure de vérité jeudi. Parmi celles-ci figuraient des projets d’augmentation du temps de travail, de réforme de la politique familiale et de réduction de moitié de l’immigration légale. Philippe, premier invité de cette version relancée par France Télévisions, a évoqué la nécessité de sortir la France de sa situation actuelle, qu’il qualifie de « mauvaise », et de veiller à ce que le pays soit « commandé et gouverné ». Il a critiqué la fin du quinquennat d’Emmanuel Macron, qu’il a décrite comme marquée par une instabilité chronique, et a exprimé son intention de marginaliser Marine Le Pen (RN) et Jean-Luc Mélenchon (LFI), qu’il accuse de vouloir mener le pays à la ruine et à la confrontation. Philippe a écarté l’idée de formuler des « promesses inconsidérées », affirmant que « l’argent magique n’existe pas », et a réitéré sa conviction selon laquelle « pour en sortir, il faudra travailler un peu plus ». Il a proposé d’exempter de cotisations sociales les salariés acceptant de travailler davantage d’heures, ce qui leur permettrait de gagner plus tout en réduisant les coûts de main-d’œuvre pour les entreprises. Il a également mentionné une augmentation annuelle de 1 000 euros pour un salarié au SMIC. Sur le plan de la politique familiale, Philippe a proposé une refonte complète du système des allocations familiales, en aidant les familles dès le premier enfant et en offrant une réduction d’impôts d’environ 3 000 euros aux familles de classe moyenne pendant les trois années suivant la naissance d’un enfant. Concernant les finances publiques, il vise à ramener le déficit bien en dessous du seuil de 3 %, avec un objectif de 2 % à la fin de son quinquennat. Cela passerait par une réduction de 50 % des dépenses sociales et de 25 % des budgets des collectivités locales. Philippe a défendu la réforme des retraites dévoilée la semaine dernière, qui prévoit d’allonger progressivement la durée de cotisation à 45 annuités et l’âge légal de départ à 65 ans, avec un tiers des salariés exemptés. Il n’a pas précisé si cette réforme serait adoptée par le Parlement, par référendum ou par ordonnance, mais a indiqué qu’elle inclurait une phase de concertation avec les partenaires sociaux. Il a également indiqué ne pas vouloir remplacer un fonctionnaire sur trois partant à la retraite, ce qui équivaudrait à la suppression de 250 000 postes sur cinq ans. Après les élections législatives qui suivraient une dissolution en cas d’élection, Philippe prévoit de présenter « une vingtaine de décrets » devant entrer en vigueur « dès l’automne » pour mettre fin à l’état d’incertitude dans le pays depuis au moins 2024. Ces décrets couvriraient des domaines tels que la justice, l’éducation et la santé. Philippe souhaite réduire de moitié l’immigration légale, en revenant au niveau d’avant 2010, soit largement en dessous des 200 000 titres de séjour délivrés chaque année. Il a estimé que « l’immigration est trop forte » et jugé le droit d’asile « dévoyé ». Sur le plan international, il a réaffirmé son soutien à l’Ukraine, soulignant que « le seul élément déterminant de la conduite de la politique étrangère est l’intérêt de la France ». Il a exprimé son désaccord majeur avec la politique du gouvernement israélien et la « tuerie » à Gaza, sans pour autant la qualifier de génocide. Concernant sa stratégie pour s’imposer au centre droit, Philippe a une nouvelle fois écarté l’idée d’une primaire et a réaffirmé vouloir un « rassemblement de la droite et du centre, et peut-être au-delà en temps utile ».