Le Sénat français devient plus à droite, avec un intérêt croissant pour des politiques jugées anti-écologiques, selon des rapports récents. Historiquement dominé par des élus conservateurs, il a récemment poussé des mesures favorisant la destruction des zones humides, la réintroduction de deux pesticides interdits et la possibilité de s’affranchir des recherches scientifiques sur les ressources en eau. Ces politiques ont été intégrées dans une loi d’urgence agricole adoptée lors d’une vague de chaleur et d’une sécheresse intense cet été. Le sénateur Laurent Duplomb, à l’origine de cette loi, a tenu des propos controversés suggérant que la chaleur extrême de l’été était due à la variabilité naturelle du climat plutôt qu’au changement climatique, une affirmation qualifiée de fausse par certains experts.
Les prochaines élections sénatoriales, prévues pour le dimanche 27 septembre, verront le renouvellement de la moitié des sièges du Sénat, avec près de 94 000 électeurs appelés aux urnes. Ce scrutin est considéré comme un moment charnière pour les politiques environnementales de la France, car il pourrait renforcer l’influence du Rassemblement National (RN) d’extrême droite et consolider la majorité de droite, connue pour son opposition aux réformes écologiques.
Les associations environnementales observent un virage notable dans l’approche du Sénat sur les questions écologiques, certains membres adoptant désormais une posture plus méprisante envers les préoccupations environnementales. Morgane Piederrière, responsable plaidoyer à France Nature Environnement, explique que, auparavant, même si le Sénat était réputé conservateur, il était encore possible d’avoir des échanges constructifs à partir de données et de rapports de terrain. Aujourd’hui, dit-elle, l’accent est davantage mis sur la simplification et moins sur le débat de fond. Guillaume Gontard, figure du groupe écologiste au Sénat, souligne que, autrefois, il était possible de faire adopter des amendements, mais que désormais, les propositions de l’opposition sont souvent ignorées ou même non discutées.
Plusieurs propositions de loi portées par le Sénat reflètent ses priorités conservatrices. Parmi elles figurent le projet de loi Gremillet sur l’énergie, qui privilégie le nucléaire aux énergies renouvelables, et le projet de loi Laurent Duplomb sur l’agriculture, adopté fin 2024. En novembre 2024, le sénateur Jean-Baptiste Blanc a déposé le projet de loi Trace, visant à affaiblir un objectif clé de la loi Climat et Résilience de 2021. En mars 2025, deux sénateurs du Tarn ont proposé une loi visant à contourner des décisions de justice ayant stoppé la construction de l’autoroute A69. Ces textes ont systématiquement reçu le soutien de la majorité Les Républicains, ainsi que de divers groupes de droite et du centre. Le groupe macroniste, le Rassemblement des Démocrates, a également apporté son appui à ces propositions. À l’inverse, les écologistes s’y sont systématiquement opposés, tandis que les socialistes et les communistes ont adopté des positions plus nuancées selon les sujets.
Début 2026, le Sénat a adopté un texte pour relancer l’exploration pétrolière et gazière dans les territoires ultramarins français. Les débats budgétaires ont aussi servi à réduire le financement des initiatives écologiques, voire à supprimer des agences environnementales. En janvier 2025, le président du Sénat, Gérard Larcher, a critiqué l’Agence de la transition écologique (Ademe), une position relayée par d’autres responsables comme Valérie Pécresse et Laurent Wauquiez. Une semaine plus tard, les sénateurs ont voté l’élimination des fonds de fonctionnement de l’Agence Bio, bien que cette décision ait été finalement annulée de justesse. La volonté de réduire le nombre d’agences de l’État s’est poursuivie via de nouvelles législations, le Sénat insérant également ses propres propositions dans des projets de loi gouvernementaux, comme la loi d’urgence agricole, qui prévoyait notamment la réautorisation de deux pesticides néonicotinoïdes.
Le paysage politique a connu un tournant en juin 2024 avec la dissolution de l’Assemblée nationale et la nomination de Michel Barnier, membre des Républicains (LR), au poste de Premier ministre. Guillaume Gontard note que les sénateurs LR se sont sentis encouragés par ce changement. François Bayrou, devenu Premier ministre en janvier 2025, n’a pas apaisé les tensions, critiquant les agences environnementales dans son discours de politique générale. Malgré cette tendance générale anti-écologique, le Sénat a adopté quelques mesures environnementales, comme une taxe sur les activités polluantes ciblant les produits jetables et non recyclables dans le projet de loi de finances 2025, ou encore une hausse de la taxe sur la consommation des chaudières à gaz, destinée à compenser l’annulation d’une augmentation de la taxe sur l’électricité.
L’absence de majorité claire à l’Assemblée nationale depuis la dissolution de 2024 a renforcé l’influence du Sénat, lui permettant de jouer un rôle accru dans l’élaboration des lois. De nombreux textes sont désormais examinés par des commissions mixtes paritaires, associant sénateurs et députés. Dans ces instances, les sénateurs de droite trouvent souvent un appui suffisant parmi les députés, notamment au sein du Rassemblement National et d’autres factions de droite à l’Assemblée. L’évolution du sénateur Laurent Duplomb au sein du Sénat symbolise ce glissement. Autrefois source de gêne pour ses collègues de droite, Duplomb mène désormais son propre projet de loi et s’impose comme une figure centrale dans l’élaboration des politiques agricoles des Républicains.
Le Sénat français bascule à droite et suscite des critiques sur ses politiques environnementales
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
france-senateanti-ecological-policiesnational-rallyenvironmental-agenciesagricultural-law



