Le 2 octobre 2026, la branche française du P.E.N. Club organisera une réunion à Paris pour évoquer le cas de Dawit Isaak, journaliste, écrivain et dramaturge suédo-érythréen arrêté en Érythrée en 2001. Le 23 septembre 2001, Dawit Isaak a été arrêté à son domicile d’Asmara, cinq jours après que les autorités érythréennes eurent fermé tous les médias indépendants du pays. Il n’a jamais été officiellement inculpé ni jugé, et son lieu de détention ainsi que son état de santé restent inconnus.
Le 30 septembre 2026, 133 journalistes du monde entier ont rejoint un appel de Reporters sans frontières (RSF) exigeant la libération de Dawit Isaak et de trois autres journalistes emprisonnés : Temesgen Ghebreyesus, Seyoum Tsehaye et Amanuel Asrat. L’événement organisé par le P.E.N. Club français rassemblera des représentants de plusieurs organisations, dont le PEN Érythrée en exil, le PEN Autriche et RSF, ainsi que des personnalités telles qu’Awet Fissehaye, Beilula Tsehaye, Antoine Bernard, Björn Tunbäck, Wolfgang Martin Roth, Éric Emeraux, Arnaud Benedetti, Saba et Boualem Sansal. Francis Coffinet, président du Comité des écrivains en danger et pour la liberté d’expression du P.E.N. Club français, lira des extraits de la pièce de Wolfgang Martin Roth Dawit Isaak, ou À chaque époque son visage odieux. La réunion sera animée par Louise L. Lambrichs, également membre du P.E.N. Club français.
Dawit Isaak, cofondateur et copropriétaire du quotidien privé Setit, l’un des principaux titres de la presse érythréenne, avait publié des articles appelant à des réformes politiques dans le pays. Il était âgé de 36 ans et possédait la double nationalité érythréenne et suédoise. Il avait quitté l’Érythrée pour la Suède en 1987, obtenu la nationalité suédoise en 1992, puis était retourné vivre dans une Érythrée indépendante. Il avait également contribué à la création du Théâtre pour enfants Shewit, destiné à un public jeune, et écrivait en tigrigna. Parmi ses œuvres figurent Bana : L’Affaire de Mussie et Mana, publié en 1988, et Les Trente Mille, diffusé en feuilleton sur la radio nationale érythréenne après l’indépendance.
En septembre 2001, la situation a basculé avec la fermeture des journaux privés le 18 du mois, suivie de l’arrestation de plusieurs journalistes dans les jours qui ont suivi. Dawit Isaak a été arrêté le 23 septembre. Aucune charge formelle ne lui a été notifiée, et il n’a jamais comparu devant un tribunal ni eu accès à un avocat. Les représentants consulaires suédois se sont également vu refuser la possibilité de le rencontrer. Une brève exception s’est produite en novembre 2005, lorsqu’il a été libéré temporairement, officiellement pour raisons médicales. Il avait alors pu renouer avec sa famille avant d’être de nouveau arrêté peu après. Depuis, aucun membre de sa famille n’a pu le voir. Un témoignage crédible soumis aux Nations unies indiquait qu’il était toujours en vie en septembre 2020. En décembre 2025, après une visite officielle à Asmara, le gouvernement suédois a affirmé qu’il le considérait toujours comme vivant, sans pour autant disposer de preuves concrètes de vie ou de droits de visite.
En 2016, la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples a réaffirmé une décision antérieure enjoignant à l’Érythrée de libérer ou de juger rapidement et équitablement 18 journalistes arrêtés depuis septembre 2001, de leur accorder l’accès à leurs familles et à leurs avocats, et de leur verser des compensations. En 2026, RSF a identifié quatre journalistes toujours détenus en secret depuis cette époque : Dawit Isaak, Temesgen Ghebreyesus, Seyoum Tsehaye et Amanuel Asrat. Aucun n’a été jugé. Leur lieu de détention et leur état de santé restent incertains. RSF les décrit comme les journalistes détenus sans procès depuis le plus longtemps au monde.
En 2017, l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) a décerné à Dawit Isaak le prix mondial de la liberté de la presse Guillermo Cano. En Suède, plusieurs de ses écrits ont été compilés sous le titre Hopp: historien om Moses och Mannas kärlek & andra texter (« Espoir : l’histoire d’amour de Moïse et Manna et autres textes »). À partir de 2014, un projet de traduction a été lancé pour rendre ses œuvres accessibles dans plusieurs langues européennes, dont l’anglais, le français et l’allemand. En 2019, 750 exemplaires traduits de Hopp ont été distribués aux parlementaires européens à Bruxelles, transformant l’œuvre littéraire de Dawit Isaak en un outil concret pour sa campagne de libération. Son nom a également été donné à une bibliothèque à Malmö dédiée à la liberté d’expression, la Dawit Isaak-biblioteket, qui abrite environ 6 000 ouvrages et se concentre sur les livres interdits, censurés ou menacés dans le monde.
En 2023, le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire a conclu que l’emprisonnement de Dawit Isaak était arbitraire, soulignant qu’aucune base légale n’avait été invoquée pour justifier sa détention, liée à l’exercice de sa liberté d’expression, et qu’il n’avait bénéficié d’aucune garantie judiciaire. Des experts ont exigé sa libération immédiate et inconditionnelle, ainsi que des réparations. Ils ont également estimé que les conditions dans lesquelles Dawit Isaak et ses collègues avaient disparu aux yeux de leurs familles et de toute autorité indépendante constituaient une disparition forcée. Un suivi réalisé par les Nations unies l’année suivante a révélé que les autorités érythréennes n’avaient pris aucune mesure pour appliquer cette recommandation.
La lutte s’est également portée devant les tribunaux suédois. En septembre 2024, RSF Suède, aux côtés de l’équipe juridique de Dawit Isaak, a déposé une nouvelle plainte contre le président érythréen Isaias Afwerki et plusieurs hauts responsables pour des actes pouvant constituer des crimes contre l’humanité. Toutefois, ces démarches n’ont pas abouti à l’ouverture d’une enquête pénale visant à établir des responsabilités.
Fin 2025, la Suède a cependant changé de stratégie : les 17 et 18 décembre, la ministre suédoise des Affaires étrangères, Maria Malmer Stenergard, s’est rendue à Asmara. Il s’agissait de la première visite d’un représentant du gouvernement suédois en Érythrée depuis la reconnaissance de l’indépendance du pays en 1993. À son retour, la ministre a indiqué avoir insisté sur la nécessité de la libération de Dawit Isaak et de sa réunion avec sa famille. Elle a toutefois admis n’avoir obtenu ni accès consulaire ni preuve concrète de vie. Dans sa déclaration de politique étrangère de février 2026, le gouvernement suédois a qualifié cette visite de « nouvelle approche » visant à rouvrir le dialogue sur son cas.
Mobilisation internationale pour Dawit Isaak, journaliste disparu depuis 2001
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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