L’Association internationale des éditeurs (IPA) a lancé un nouveau prix, le Freedom of Expression Defenders Award, qui vise à récompenser les efforts visant à protéger la liberté d’expression, l’édition et le droit de choisir ce que l’on lit. Cinq organisations sont finalistes pour cette première édition, le lauréat devant être annoncé lors de la Foire du livre de Francfort. Gvantsa Jobava, présidente de l’IPA, a déclaré que les organisations sélectionnées reflètent l’objectif d’inspirer l’espoir et de montrer comment des groupes peuvent lutter pour la liberté d’expression et de publication. Jessica Sänger, responsable du comité Freedom to Publish de l’IPA, a salué la diversité des candidats, qui incluent des associations, des entreprises privées et des coalitions. Parmi les organisations finalistes figure la Media Coalition aux États-Unis, qui défend le droit des médias à produire des contenus diversifiés et celui du public à y accéder. La Penguin Random House Intellectual Freedom Taskforce, créée en 2023, lutte contre les menaces pesant sur la liberté d’édition. Sovlab, en Géorgie, étudie le passé du pays sous les régimes totalitaires et combat la désinformation russe. La StraightForward Foundation en Allemagne soutient les artistes russes confrontés à la censure et à l’exil. L’Association des journalistes turcs, fondée en 1946, défend depuis longtemps la liberté de la presse et compte aujourd’hui plus de 4 000 membres. L’IPA décerne également le Voltaire Prize, un prix annuel qui honore les éditeurs ayant fait preuve d’un courage exceptionnel face à la censure et aux pressions politiques. En 2026, ce prix a été attribué à l’éditeur égyptien Yehia Fekry, avec une mention spéciale pour son collègue Mohamed Hashem, décédé fin 2025. D’autres évolutions marquent le monde de l’édition, comme le lancement par les Éditions du Félin d’une nouvelle collection intitulée Spotlight, qui propose des livres courts dont les chapitres peuvent être lus dans n’importe quel ordre. L’Association nationale de l’édition en France a introduit Livrempreinte, un outil permettant de calculer l’empreinte carbone des livres. Par ailleurs, l’Université d’Édimbourg a reçu les archives de l’auteur palestinien Raja Shehadeh, contenant plus de cinq millions de mots et des documents historiques de son père. Ce fonds nécessitera deux ans de travail pour être préservé. Le secteur de l’édition fait face à des défis majeurs en Ukraine, où l’Institut du livre ukrainien met en garde contre un risque d’effondrement de l’écosystème du livre en raison des destructions en cours. En Russie, les inquiétudes grandissent quant à l’impact des restrictions d’accès aux fonds municipaux, qui pourraient toucher les bibliothèques. En Argentine, la province de Córdoba a investi dans des œuvres publiées localement, tandis qu’au Brésil, WMF Martins Fontes a retiré ses livres d’Amazon. Aux États-Unis, les batailles juridiques contre la censure des livres se poursuivent, et les éditeurs expérimentent de nouveaux formats pour attirer les jeunes lecteurs. En Russie, des millions de livres pourraient avoir été détruits lors des récentes attaques, s’ajoutant aux pertes en Ukraine. Aux États-Unis, Microsoft défend l’usage « transformatif » du matériel protégé par le droit d’auteur dans la formation de grands modèles de langage, ce qui pourrait avoir un impact sur la législation en la matière.