Un projet de loi porté par l’aile droite du Sénat propose la suppression du Centre national du livre (CNL), arguant qu’il contribue à la « bureaucratisation » de l’État. Cette initiative suscite une vive opposition de la part des acteurs culturels, notamment du Club 99, une fédération de festivals de bande dessinée et d’arts, qui défend avec force la pérennité du CNL. Le Club 99 met en avant le rôle central de l’institution dans la promotion de la créativité et de la diversité au sein du secteur du livre. Le CNL est présenté comme un acteur clé pour garantir l’indépendance, la diversité et l’équilibre de l’écosystème du livre et de la lecture. Il soutient une multitude d’initiatives à travers ses différents programmes et comités, contribuant ainsi à la vitalité du secteur. Plusieurs organisations du monde du livre, dont la Fédération des festivals de bande dessinée et arts associés, s’alarment de la suppression envisagée du CNL. Elles estiment que ce dernier est indispensable pour favoriser l’intelligence collective et répondre aux besoins spécifiques des différentes branches du secteur. Ces acteurs soulignent l’importance du CNL dans le maintien de la bibliodiversité, c’est-à-dire la variété des livres et des modèles éditoriaux qui structurent un paysage littéraire sain. Ce projet de loi intervient alors que le secteur du livre fait face à des défis croissants. La concentration du pouvoir dans l’édition et l’influence de l’intelligence artificielle sur la création littéraire alimentent les débats. L’usage de l’IA dans l’écriture a notamment soulevé des questions sur la notion d’auteur et la fiabilité des outils destinés à détecter le plagiat ou les contenus générés par IA. Cette problématique a été illustrée récemment par la polémique autour du roman C’était ça ou mourir de Thélyson Orélien, dont la part d’implication de l’IA dans sa rédaction a été questionnée. Le secteur du livre doit également faire face à des difficultés économiques, particulièrement pour les éditeurs indépendants et les librairies, soumis à des pressions financières accrues. Les appels à la solidarité et au soutien se multiplient, avec des voix qui plaident pour des mesures visant à préserver la bibliodiversité et à assurer la survie des acteurs de plus petite taille. Alors que le débat sur le CNL s’intensifie, l’avenir du secteur du livre reste incertain, le débat opposant intervention étatique et autonomie culturelle au cœur des discussions.