Premier compte rendu sur des tracts
Dans un article publié lundi 26 octobre, le journal Le Monde a d'abord rapporté que des tracts du Rassemblement national (RN) avaient été retrouvés dans la voiture de Kévin T., le suspect de l'attentat terroriste de Trappes. L'article citait « une source proche de l'enquête », comme c'est l'usage en matière judiciaire.Correction de l'information
L'information a toutefois été corrigée par la suite. À 14 h 59, l'article a été republié avec une précision : « Une seconde source a ensuite précisé au Monde, lundi en début d'après-midi, que ces documents avaient été retrouvés à un autre endroit que son véhicule, et qu'ils ne constituaient pas à strictement parler des tracts, sans préciser la nature des documents en question ni contester qu'ils soient liés au RN. » Le titre a également été revu, sans plus faire référence à des tracts (« Attentat de Trappes : de nouveaux éléments de l'enquête confirment le mobile raciste du suspect »). La correction était clairement signalée à la fin de l'article.Précisions supplémentaires des autorités
À 20 h 30, à la suite d'une conférence de presse du Parquet national antiterroriste (PNAT), Le Monde a de nouveau modifié le texte et le titre, comme suit : « Attentat de Trappes : le PNAT dément que des "tracts" politiques aient été retrouvés "dans le véhicule" du suspect. » L'article a été mis en avant, comme la première version, auprès des abonnés aux « alertes » du journal. Le PNAT a annoncé par la suite que dans la voiture du suspect avaient été trouvés non pas des tracts de partis politiques, mais « une mitraillette, des chargeurs, un pointeur laser, un couteau, une grenade lacrymogène, une paire de menottes et un brassard de police ». Le procureur n'a ni confirmé ni infirmé une autre information du Monde, selon laquelle le suspect possédait un exemplaire de Mein Kampf à son domicile.Réaction à l'information initiale
L'information initiale a été qualifiée de « fake news » par certains médias, dont CNews. Le Monde affirme toutefois que la différence entre « fake news » et « erreur » n'est pas seulement sémantique, mais aussi politique. Une « fake news » est une information fausse, conçue et diffusée en pleine connaissance de cause, tandis qu'une erreur est une méprise que l'on corrige lorsqu'elle est contredite par les faits. Dans ce cas, le Monde a fait évoluer sa couverture de l'enquête au fur et à mesure que les informations qui lui parvenaient évoluaient, sous réserve des déclarations de différentes sources. Plusieurs personnalités de gauche, comme le socialiste Olivier Faure ou l'écologiste Benjamin Lucas, qui avaient d'abord relayé la présence de tracts, sont revenues sur l'information en apprenant qu'elle était inexacte, ce que n'a pas fait la députée LFI Manon Aubry.