Les rassemblements lycéens, autrefois des rencontres ludiques où l’on échangeait des blagues et des déchets, ont dégénéré en événements violents et chaotiques. Des experts pointent un changement culturel plus large – notamment dans les systèmes éducatifs et judiciaires –, où une insistance excessive sur la « bienveillance » aurait, semble-t-il, érodé l’autorité traditionnelle. Caroline Goldman, psychologue pour enfants, et Didier Pleux, auteur de De l’enfant roi à l’enfant tyran (2002), s’inquiètent de ce qu’ils qualifient d’« éducation bienveillante catastrophique ». Ils estiment que des méthodes comme le « time-out », qui posent des limites au comportement, sont injustement critiquées comme brutales, voire autoritaires, par ceux qui prônent une approche plus douce et permissive. Matthieu Grimpret, ancien professeur de lettres en collège et lycée, a publié en 2025 Le Bullshit de la bienveillance : Enquête sur la psychologie positive à l’école. Dans cet ouvrage, il dénonce ce qu’il appelle la « paresse amicale » – une attitude qu’il juge aussi néfaste pour les élèves que pour les enseignants. Grimpret se souvient d’une époque où le terme « bienveillance » n’était pas aussi répandu, et évoque des chefs d’établissement féminins lui conseillant d’être moins strict avec les élèves, une suggestion qu’il a choisie d’ignorer. La situation a pris une tournure particulièrement alarmante avec des rapports faisant état de dégâts importants dans les établissements scolaires. Un message publié sur Twitter par BFM citait le président de la région Pays de la Loire, estimant les dégâts causés au lycée Nelson-Mandela à « deux millions d’euros » et appelant les parents à contribuer aux coûts. Ces rassemblements, passés de simples folklore étudiant à des actes de vandalisme, ont parfois dégénéré en agressions envers des policiers, des enseignants ou d’autres adultes présents dans les écoles. Le chevauchement de ces blocages avec les tensions dans les banlieues a suscité des inquiétudes quant aux tensions sociales plus larges en jeu. Maurice Berger, spécialiste des comportements violents chez les jeunes, a écrit dans Le Figaro le 6 octobre que l’absence d’antécédents judiciaires pourrait être perçue comme une forme d’absolution avant toute sanction. Il critique une génération de jeunes qui semblent prendre plaisir à des comportements destructeurs. Pendant ce temps, le ministre « bienveillant » Geffray prône davantage de dialogue, une position qui met l’accent sur la compassion mais est critiquée pour son inefficacité. Emmanuel Grégoire a proposé une solution consistant à inviter les élèves à se réunir dans les mairies si leurs établissements sont fermés, bien qu’il reste à savoir si des financements sont disponibles pour réparer les dégâts ou prévenir de nouveaux incidents. Le 4 octobre, lors d’une émission en direct sur LCI, Ruth Elkrief a fait une affirmation surprenante : certains juges et membres du Syndicat de la magistrature (un syndicat judiciaire français) pourraient être influencés politiquement. Cette déclaration a surpris et soulevé des questions sur l’impartialité de la justice. Le « syndrome Malik Oussekine » a été fréquemment évoqué dans les médias, soulignant la gravité des incidents et pointant vers une problématique plus large : la légitimité perçue de la violence par l’État, que les citoyens pourraient, sans le vouloir, contribuer à tolérer.