Perception de la violence dans les blocus scolaires

L'essayiste Henri Quantin examine la manière dont la société perçoit la violence dans les blocus scolaires. Il soutient que, si différentes formes de violence sont souvent dénoncées, les aspects symboliques et psychologiques de ces actions sont fréquemment négligés.

La violence symbolique dans l'éducation

Quantin relève l'ironie de la situation : on apprend souvent aux élèves à être attentifs à la violence verbale et symbolique, mais il est courant de considérer qu'une action scolaire sans atteinte physique ni destruction de biens n'est pas violente. Il cite des outils comme le « Discriminomètre », élaboré par des institutions telles que l'université Lyon 1 et la ville de Clermont-Ferrand, qui classent différents types de violences, notamment le sexisme, le racisme et la violence gynécologique, sur plusieurs échelles.

Les blocus, une violence réelle

Quantin interroge la cohérence de ceux qui prônent la non-violence tout en participant à des blocus scolaires qui empêchent d'autres personnes d'accéder aux services éducatifs. Il affirme que, même sans violence physique, bloquer l'accès à un établissement peut constituer une forme de violence réelle, car cela revient à s'arroger indûment un droit de passage au détriment d'autrui.

L'intimidation, une violence symbolique

Il s'appuie sur les travaux du sociologue Pierre Bourdieu, pour qui l'intimidation constituait une forme de violence symbolique, même en l'absence d'actes d'intimidation manifestes. Cette perspective lui sert à mettre en lumière les couches cachées de la violence dans les manifestations étudiantes.

La violence verbale dans les manifestations

Quantin déplore que la violence symbolique ne soit pas reconnue dans les manifestations étudiantes. Il suggère que les slogans et la nature même des mouvements peuvent relever de formes de violence verbale. Il appelle à réévaluer les actions des élèves qui bloquent les établissements et à considérer l'entrave à la liberté de circulation comme une infraction pénale dans de tels cas.