Une panne de courant sur la ligne ferroviaire Marseille-Nice a bloqué des centaines de voyageurs, entraînant évacuations et retards, tandis que plusieurs opérateurs et autorités sont intervenus.
Panne électrique perturbe le trafic ferroviaire
Le 9 octobre, une panne électrique près de Fréjus a perturbé plusieurs trains sur la ligne Marseille-Nice, dont deux exploités par Transdev. À Dramont, environ 300 voyageurs ont été évacués de nuit et ont dû attendre pendant des heures une solution pour rentrer chez eux.Plusieurs trains touchés
Selon Transdev, trois trains de la ligne ont été immobilisés, deux exploités par Transdev et un par la SNCF, et une enquête est en cours à SNCF Réseau. SNCF Voyageurs a qualifié l'incident « d'importance », et les réparations ont perturbé le week-end.Voyageurs bloqués sous une forte chaleur
Les deux trains de Transdev transportaient chacun environ 300 voyageurs. L'un s'est arrêté en gare de Saint-Raphaël, tandis que l'autre, à bord duquel se trouvait l'auteur du reportage, est resté sur les voies, où la température dépassait 30 °C. Vers 17 h 45, le train a rejoint la gare d'Agay, où les voyageurs ont été invités à descendre et devaient être conduits à Saint-Raphaël par navettes.Retards et second incident
Vers 18 heures, plus de 250 voyageurs sont remontés à bord et le train est reparti. Cependant, SNCF Réseau a fait état d'une brève amélioration du trafic après la première intervention, mais une nouvelle interruption s'est produite lorsque des voyageurs sont descendus sur les voies, retardant l'intervention sur la caténaire. Peu après le départ, un fort « boum » a retenti, et le train s'est arrêté à Dramont, à quelques minutes de Saint-Raphaël.Second problème technique signalé
Vers 19 heures, un « problème technique grave » a été signalé, et le train n'est pas reparti. Transdev n'a mentionné ni ce bruit ni ce second incident dans sa réponse à Clubic, malgré les perturbations.Une évacuation de nuit présente des risques
L'évacuation a commencé vers 19 h 55, les voyageurs marchant sur le ballast jusqu'à un passage à niveau, ce qui pouvait présenter des risques de nuit. Transdev a précisé que l'évacuation ne pouvait se faire qu'après avoir reçu le « feu vert de SNCF Réseau », en présence de la police et des pompiers.Des solutions de remplacement limitées
Pour le train de Saint-Raphaël, tous les moyens de substitution, dont des autocars, ont été déployés. En revanche, pour le train de Dramont, Transdev a reconnu avoir eu des difficultés à trouver l'ensemble des moyens de substitution en raison des « arrêts quasi simultanés des deux trains ». Aucun pompier n'était présent à Dramont, seulement une patrouille de police locale, remplacée plus tard par la police nationale.Des voyageurs contraints de prendre des taxis
Sous une pluie légère, l'attente s'est prolongée le long de la route. Après 21 heures, les navettes promises n'étaient toujours pas arrivées, et les voyageurs ont dû recourir à des taxis, certains payant 216 euros pour un VTC afin de rejoindre la gare Marseille-Saint-Charles, où ils sont arrivés vers 23 h 30, soit six heures et demie après l'horaire prévu.Une responsabilité partagée entre les acteurs
SNCF Réseau et la Région Sud ont indiqué que le gestionnaire de réseau est responsable des incidents liés aux voies, à la circulation et à l'infrastructure, tandis que les entreprises ferroviaires sont responsables de l'exploitation de leurs trains, de l'information et de la prise en charge des voyageurs.Des obligations contractuelles remises en question
La Région, qui a confié à Transdev la ligne Marseille-Toulon-Nice, précise que le contrat prévoit une information en temps réel, une présence humaine à bord et la « fourniture d'eau », des collations, des autocars de remplacement, voire un hébergement. Toutefois, il est trop tôt pour déterminer si ces conditions ont été respectées le 9 octobre.Des voyageurs laissés dans l'ignorance
Près d'une semaine plus tard, aucun courriel ni SMS de Transdev n'était parvenu aux voyageurs, et beaucoup ignoraient les modalités de remboursement. Un billet TER reste valable toute la journée sur le trajet acheté, de sorte que l'opérateur ne sait peut-être pas qui se trouvait dans quel train.Un manque de communication et de coordination
SNCF Voyageurs reconnaît être « un peu dans le noir » à bord de ces trains, car l'application SNCF Connect, qui a vendu les billets, ne relaie que les informations fournies par chaque opérateur. Transdev affirme que l'évacuation a été assurée par l'équipage afin d'empêcher les voyageurs d'ouvrir les portes trop tôt.Pas de sanctions attendues pour Transdev
Concernant d'éventuelles sanctions, Transdev ne devrait pas être pénalisée, les pénalités contractuelles de la Région ne visant pas « les conséquences d'un événement qui ne relève pas de sa responsabilité ». Elle reste toutefois « attentive aux conditions concrètes de gestion de l'événement » et rappelle qu'elle dispose d'un contrat de performance avec SNCF Réseau, qui pourrait entraîner des pénalités.Une collaboration entre opérateurs
SNCF Voyageurs indique que, avec plusieurs opérateurs circulant sur les mêmes voies, le système est encore en phase d'apprentissage. Le ministère des Transports n'a pas répondu aux demandes de commentaires.