En 2009, sous-marins nucléaires français et britanniques entrés en collision dans l'Atlantique Nord, indétectés grâce à la furtivité ; tensions diplomatiques et réparations jusqu'à 50 millions de livres.
Des sous-marins entrent en collision dans l'Atlantique Nord
Dans la nuit du 3 au 4 février 2009, le sous-marin français à propulsion nucléaire lanceur d'engins Triomphant et le sous-marin britannique à propulsion nucléaire lanceur d'engins HMS Vanguard sont entrés en collision dans l'Atlantique Nord sans s'être détectés. Le Triomphant est rentré à Brest avec un dôme de sonar endommagé, tandis que le Vanguard a subi des dégâts à son revêtement extérieur tribord, au niveau du compartiment des missiles.Détails de la collision et utilisation du sonar
La collision s'est produite alors que les deux sous-marins n'utilisaient que le sonar passif, conçu pour écouter les bruits environnants sans émettre de signaux. Cette méthode vise à rendre les sous-marins invisibles aux autres navires, mais elle a également rendu impossible la détection mutuelle du Triomphant et du HMS Vanguard.Premières hypothèses et confirmation officielle
Le ministère français de la Défense a d'abord suggéré que le Triomphant avait heurté un objet sous-marin, peut-être un conteneur. Le ministère britannique de la Défense a toutefois confirmé publiquement la collision le 16 février 2009, après près de deux semaines de silence. Pendant près de deux semaines avant cette confirmation, le gouvernement français avait avancé l'hypothèse d'une collision avec un conteneur.Sous-marins en patrouille de dissuasion
Les deux sous-marins étaient en patrouille de dissuasion et étaient conçus pour fonctionner dans un silence absolu afin d'éviter toute détection. Cette capacité furtive a toutefois contribué à la collision, puisqu'aucun des deux sous-marins n'a détecté l'autre. Le ministère britannique de la Défense a déclaré que les deux bâtiments se déplaçaient à très faible vitesse au moment de la collision, ce qui a vraisemblablement limité la gravité du choc.Dégâts et réparations
Le Triomphant a également subi des dommages à sa salle de contrôle et à ses barres de plongée, ce qui a accru les travaux de réparation nécessaires. Le Vanguard a été escorté jusqu'à sa base en Écosse, tandis que le Triomphant a été escorté jusqu'à Longue-Île, près de Brest, par une frégate. Aucune blessure ni fuite radioactive n'a été signalée par l'une ou l'autre marine.Coûts financiers et préoccupations liées à la conception
Les coûts financiers des réparations ont été rapportés comme variant considérablement. Le ministre britannique Quentin Davies a évoqué environ un million de livres sterling pour les réparations du Vanguard, tandis que le Daily Telegraph estimait que le coût total des réparations pour les deux sous-marins pourrait atteindre cinquante millions de livres sterling. Cet incident a mis en lumière un angle mort dans la conception des sous-marins nucléaires : les technologies mêmes destinées à garantir leur survie et leur discrétion les rendaient vulnérables aux collisions avec d'autres sous-marins opérant dans des conditions similaires.