Des gaz lacrymogènes utilisés avant le début des manifestations en France

Le 17 octobre 2026, des gaz lacrymogènes ont été déployés à Paris et dans d'autres villes françaises lors de manifestations, et certaines informations indiquent qu'ils ont été utilisés avant même le début des cortèges. L'Orchestre du Nouveau Monde, qui se produit lors des manifestations, a dû interrompre son concert en raison de l'exposition aux gaz lacrymogènes.

Exposition aux gaz lacrymogènes dans les lycées et les transports en commun

Des témoignages décrivent l'usage de gaz lacrymogènes sans avertissement à proximité de lycées et dans des espaces confinés comme le métro. Amnesty International a dénoncé l'usage massif et parfois abusif des gaz lacrymogènes depuis le début du mouvement étudiant. Les réseaux sociaux sont utilisés pour partager des conseils sur la manière de se protéger des gaz lacrymogènes et pour signaler les effets sur la santé.

Histoire des gaz lacrymogènes et risques pour la santé

Classé comme arme chimique, le gaz lacrymogène est interdit dans un contexte militaire par la Convention de Genève de 1993, mais il est autorisé dans un contexte civil en tant qu'outil « non létal ». La France l'a utilisé pour la première fois pendant la Première Guerre mondiale, puis par la suite dans les empires coloniaux et pendant la guerre du Vietnam. Le gaz lacrymogène utilisé en France est le CS (2-chlorobenzylidène malononitrile), inventé par des chimistes britanniques en 1928.

Effets du gaz lacrymogène sur la santé

Selon une revue de la littérature scientifique réalisée en 2017, des irritations persistantes, des conjonctivites et des problèmes respiratoires figurent parmi les effets potentiels à long terme. L'étude a révélé que 8,7 % des 9 000 blessures analysées ont nécessité une intervention médicale spécialisée. Amnesty International a recensé plus de 500 cas d'usage abusif de gaz lacrymogènes, notamment en France.

Groupes vulnérables et risques à long terme pour la santé

Les jeunes enfants et les personnes âgées sont particulièrement exposés aux problèmes respiratoires en cas d'exposition prolongée. Une étude chilienne de 2023 a mis en évidence une hausse des passages aux urgences d'enfants et de personnes âgées pour des troubles respiratoires lors des émeutes de 2018-2019. Jean-Marc Sapori, toxicologue, a averti qu'une exposition répétée pouvait entraîner de l'asthme ou une BPCO. Une revue de la littérature dermatologique publiée en 2025 a révélé que 5 % des cas comportaient des lésions cutanées graves, telles que des cloques et des dermatoses bulleuses.

Effets du gaz lacrymogène sur la santé reproductive

Des manifestants ont témoigné de perturbations du cycle menstruel, notamment des règles retardées ou avancées et des crises douloureuses d'endométriose. Le collectif Lacrymos de sang a recueilli plus de 750 témoignages de ce type. Une étude de 2021 a révélé que 54,5 % des 1 650 personnes exposées aux gaz lacrymogènes lors des manifestations consécutives à la mort de George Floyd ont signalé des perturbations du cycle menstruel ou une sensibilité des seins.

Gaz lacrymogènes, décès et fausses couches

L'usage de gaz lacrymogènes a également été associé à des décès. À Bahreïn, un homme asthmatique est mort en 2012, après qu'une grenade au CS a été tirée dans son domicile. En Égypte, 37 détenus sont morts asphyxiés en 2014, après que des grenades lacrymogènes ont été tirées dans un camion. En Palestine, des informations font état de décès liés à l'exposition aux gaz lacrymogènes. Rohini J. Haar, chercheuse à l'Université de Berkeley, a relevé un risque accru de fausse couche : dix femmes enceintes sur dix-neuf participantes ont fait une fausse couche.

Recommandations sanitaires et recherches en cours

Physicians for Human Rights recommande de s'éloigner des nuages de gaz lacrymogène, d'éviter de courir, de rincer les yeux à l'eau, de changer de vêtements et de prendre une douche dès que possible. L'organisation met également en garde contre le fait que la poudre de CS peut rester active jusqu'à cinq jours. Certains experts, comme Rohini Haar, s'inquiètent de la libération de groupements cyanure lors de la métabolisation du gaz lacrymogène, ce qui pourrait avoir des conséquences sanitaires à long terme. Le gouvernement affirme que les doses libérées restent en deçà des seuils de toxicité, mais certains chercheurs ne partagent pas cet avis.