Procès d'un manifestant devant un tribunal français

Une longue file de prévenus a comparu lundi devant les tribunaux français lors d'audiences de comparution immédiate, où ont été jugées des personnes interpellées pendant des manifestations ou des incidents violents survenus samedi dans tout le pays.

Un manifestant de Nîmes jette des pierres sur des policiers

À Nîmes, le premier prévenu de l'après-midi avait un profil particulier. Il a été placé en garde à vue après avoir jeté des pierres sur les forces de l'ordre samedi vers 17 heures, alors que 300 jeunes s'étaient rassemblés pour affronter les autorités en scandant « Acab » et « tout le monde déteste la police ».

Des manifestants attaquent la police pendant plus d'une demi-heure

Les faits se sont produits près du centre commercial des 7 Collines et du rond-point Nîmes Ouest. Les jeunes ont lancé des projectiles sur les forces de l'ordre pendant plus d'une demi-heure. Le prévenu, qui n'était pas connu de la justice, est accusé d'avoir blessé un policier en lançant une pierre pesant 369 grammes et mesurant 10 centimètres de long.

Le prévenu est un professeur stagiaire

Le prévenu, âgé de 24 ans, est titulaire d'une licence et de cinq années d'études et exerce comme professeur stagiaire dans un collège public de Nîmes. Il a déclaré à l'audience qu'il n'avait pas l'intention de frapper les policiers et qu'il ne savait pas que les manifestants s'opposeraient aux forces de l'ordre.

Le prévenu soutient le mouvement des gilets jaunes

Il a exprimé son soutien aux lycéens et aux enseignants, estimant que le service public se dégrade, et a affirmé être proche du mouvement des gilets jaunes et de la lutte pour le pouvoir d'achat. L'homme était retenu depuis 39 heures, depuis samedi soir, et portait un casque de vélo, un masque chirurgical et des lunettes de natation.

Le parquet requiert 18 mois de prison

Le parquet demande 18 mois de prison, dont un an ferme, ainsi qu'une interdiction d'exercer une fonction publique pendant cinq ans. Maître Lauriane Delesinger, qui représente la partie civile, a affirmé que le groupe était venu pour briser des policiers.

L'avocat du prévenu plaide l'indulgence

Maître Hugo Ferri, avocat du prévenu, a estimé que l'accusation cherchait à envoyer un message fort et a demandé un parcours de justice pour un jeune homme qui « n'avait jamais élevé la voix avant l'escalade de samedi ». Le tribunal a entendu cette plaidoirie, et le prévenu, qui venait de remplir un dossier pour devenir « réserviste de la police », a échappé à une peine de prison ferme obligatoire.

Le tribunal condamne le prévenu à du sursis

Il a été condamné à 18 mois de prison avec sursis probatoire pendant deux ans. Le tribunal de Nîmes a également écarté l'interdiction d'exercer une fonction publique, ce qui devrait lui permettre de poursuivre sa carrière d'enseignant. En revanche, il est peu probable que sa candidature au poste de réserviste de la police soit acceptée par l'administration.