Le festival Alimenterre à Mayotte explore les défis agricoles mondiaux à travers films et débats, en mettant en lumière la souveraineté alimentaire et la durabilité.
Le festival Alimenterre met en lumière les défis alimentaires à Mayotte
Du 15 octobre au 30 novembre, le festival Alimenterre se tient à Mayotte. Il propose des projections de films suivies de débats afin de mettre en avant les défis agricoles et alimentaires auxquels sont confrontés la planète et Mayotte. Il s'agit de la deuxième édition du festival sur l'île, organisée par l'association Shama, qui s'engage en faveur de la coopération régionale et internationale ainsi que de l'éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale.Le festival met en valeur des initiatives agricoles du monde entier
Organisé à l'échelle nationale depuis 2007 par le Comité français pour la solidarité internationale (CFSI), le festival offre une tribune pour présenter des initiatives issues de différents territoires et réfléchir à la manière dont elles peuvent répondre aux défis agricoles et alimentaires de Mayotte. Pour cette édition, Shama invite les associations, les établissements scolaires, les institutions, les professionnels de l'agriculture et les habitants à participer aux projections et aux débats.Accent sur la souveraineté alimentaire et l'agriculture moderne
Salim Ali Halidi, chargé de mission d'animation territoriale en éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale à Shama, a expliqué que le festival aborde la souveraineté alimentaire, la manière de mieux se nourrir et de mieux vivre avec l'agriculture à l'époque moderne. La démarche du festival consiste à utiliser des documentaires pour ouvrir le débat sur des enjeux concrets et à mettre en valeur des initiatives dont Mayotte pourrait s'inspirer.Des documentaires abordent des thèmes agricoles variés
Les films sélectionnés couvrent un éventail de sujets, notamment le rôle de l'eau et des forêts, les pratiques agricoles, les conditions de production et les défis liés à des systèmes alimentaires plus durables. Pour lancer cette édition, Shama a choisi de projeter Femmes des Terres, un documentaire qui donne la parole à des agricultrices en France, au Togo et en Bolivie. Le film montre comment ces femmes se rassemblent pour défendre leurs activités, gagner en autonomie et faire évoluer leur place dans le monde agricole.Des débats locaux comparent les expériences mondiales et régionales
À Doujani, la projection a permis de comparer ces expériences avec la situation mahoraise. Les échanges ont porté sur la transmission des terres et sur le rôle de l'agriculture vivrière. Une participante a souligné que la terre se transmet souvent au sein de la famille, ce qui permet aux femmes d'avoir un toit et une parcelle à cultiver. Toutefois, cette agriculture vivrière, destinée avant tout à couvrir les besoins du foyer, ne répond pas forcément aux enjeux d'une production plus structurée capable d'approvisionner le territoire.Les difficultés à attirer les jeunes vers l'agriculture
Au-delà de l'accès à la terre, la question de l'entrée des jeunes, en particulier des femmes, dans le secteur a également été soulevée. Le secteur reste majoritairement masculin et les agriculteurs vieillissent. Comment attirer les nouvelles générations vers un métier souvent perçu comme difficile et peu valorisé a été une question récurrente des débats. Une participante venue du Togo a évoqué l'influence des représentations familiales, où l'agriculture est souvent dévalorisée et considérée comme une activité transitoire que les parents exercent en attendant que leurs enfants atteignent une situation sociale plus favorable. Cette perception pourrait aussi exister à Mayotte.Favoriser les échanges culturels autour de repas partagés
Le développement de l'agriculture dépend aussi d'une meilleure reconnaissance du métier et des produits locaux, ainsi que d'une réflexion sur les modes de production permettant aux agriculteurs de vivre de leur travail. Pour Shama, l'intérêt du festival réside également dans sa capacité à mobiliser des publics variés. À Doujani, une association togolaise et béninoise a été invitée à partager ses expériences agricoles et à échanger avec les participants mahorais. La rencontre s'est prolongée par un repas composé de spécialités togolaises, dans le but de favoriser le dialogue entre les pratiques et les cultures.Appel ouvert aux organisations pour accueillir des séances
Jusqu'au 30 novembre, d'autres organisations peuvent également accueillir des séances. Les associations, établissements scolaires, institutions ou professionnels intéressés peuvent contacter Shama pour choisir un film dans la sélection et préparer une séance de projection et de débat adaptée à leur public. Les documentaires permettent d'aborder différents thèmes selon les préoccupations des participants, qu'il s'agisse de l'eau, des forêts, des plantations ou des systèmes alimentaires.