À l’issue de la 5ᵉ Conférence santé de Mayotte, Moncef Mouhoudhoire, directeur de l’association Nariké M’sada, a appelé les participants à prolonger les échanges au-delà de l’événement. L’objectif est de transformer les enseignements tirés de la conférence en collaborations concrètes au service des populations les plus vulnérables. La rencontre, organisée à Mayotte, a réuni des professionnels de santé, des chercheurs et des acteurs associatifs issus de plusieurs territoires, dont Maurice, les Comores, La Réunion, la Guyane française et la France métropolitaine. Le thème retenu, « Aux marges des soins, des droits et des parcours », mettait en lumière les obstacles rencontrés par les Mahorais pour accéder aux soins, aux droits et aux services de prévention.
Mouhoudhoire a insisté sur la nécessité de maintenir le dialogue après la clôture de la conférence. Il a souligné l’importance d’identifier et de traiter les problèmes souvent négligés, en particulier pour les publics difficiles à atteindre via les dispositifs existants. Il a plaidé pour l’élaboration de solutions en partenariat avec les personnes concernées et les régions voisines, afin que les droits ne restent pas seulement théoriques, mais deviennent accessibles dans les faits.
Selon lui, les défis évoqués lors de la conférence ne concernent pas uniquement les migrants, mais aussi une partie importante de la société mahoraise, dans un contexte marqué par de profondes inégalités sociales et économiques. Il a précisé que les « marges » évoquées dans le titre de la conférence renvoient à des facteurs sociaux, économiques et géographiques. Les chiffres illustrent cette réalité : en 2017, 77 % de la population de Mayotte vivait sous le seuil national de pauvreté. En 2022, les prix y étaient en moyenne supérieurs de 10 % à ceux de la France métropolitaine, avec des écarts encore plus marqués pour certains produits alimentaires. Ces conditions influencent directement l’accès aux soins et la capacité des habitants à s’engager dans des démarches de prévention et de prise en charge durables.
La conférence a également abordé la question de la consommation de substances en Mayotte, révélant les limites des méthodes actuelles pour comprendre et suivre ce phénomène. Bien que la consommation de drogues existe dans l’archipel, elle reste mal documentée en raison d’un manque de données continues et structurées. L’analyse des eaux usées, une technique permettant d’obtenir une vision objective de la consommation à l’échelle d’une population, n’est pas encore généralisée à Mayotte. Les informations disponibles suggèrent que le terme « chimique », utilisé localement pour désigner les drogues de synthèse, ne s’applique pas uniquement à des individus isolés ou marginalisés. Certains usagers sont insérés socialement, disposent d’un logement stable, dans un contexte où les modes de distribution et de consommation évoluent rapidement, notamment via les routes maritimes.
Des chercheurs ont identifié plusieurs cannabinoïdes de synthèse dans des échantillons prélevés à Mayotte dans le cadre du protocole Chasse-Marée, une initiative de recherche en cours. Face à cette situation, les professionnels de l’addiction plaident pour le renforcement des capacités d’analyse locales, voire la création d’un laboratoire mobile. L’enjeu est de passer d’observations ponctuelles à un suivi régulier de la consommation de substances. Une meilleure identification des produits circulant dans la région permettrait de mettre en place des stratégies de prévention, de réduction des risques et de prise en charge plus adaptées. L’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) a d’ailleurs souligné que la situation mahoraise en matière de drogues et d’addiction reste sous-étudiée et peu documentée.
La conférence sur la santé à Mayotte met l'accent sur l'élargissement de l'accès aux soins et la coopération régionale
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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