Lancement d'une étude sur la santé mentale à Mayotte
Depuis le 22 octobre 2026, l'ARS Mayotte et l'Observatoire régional de la santé de La Réunion ont lancé l'étude « FIKIRA », qui vise à mieux comprendre les besoins en santé mentale de la population mahoraise. L'étude porte sur 1 100 adultes et 400 jeunes, dans l'objectif de produire des données destinées à orienter les politiques publiques de santé.Des données limitées sur la santé mentale à Mayotte
Selon l'ARS, jusqu'à présent, les données épidémiologiques sur la santé mentale de la population générale à Mayotte restent très limitées. Menée en partenariat avec le Centre collaborateur de l'OMS pour la recherche et la formation en santé mentale (CCOMS, EPSM Lille-Métropole), l'étude a pour but de mieux cerner les besoins de la population mahoraise.Les défis sociaux et économiques à Mayotte
Le territoire cumule plusieurs facteurs de vulnérabilité sociale. Selon les chiffres cités par l'ARS, 77 % des habitants vivaient en dessous du seuil de pauvreté national en 2018, et le taux de chômage atteignait 29 % en 2024. L'offre de soins spécialisés reste limitée, avec 23 psychologues pour 100 000 habitants, contre 108 en France métropolitaine.Méthodologie et langue de l'étude
Les enquêtes ont débuté le jeudi 22 octobre. Vingt-deux enquêteurs-traducteurs formés par le CCOMS ont commencé les entretiens en face à face au domicile des participants. Les échanges se déroulent en français ou en shimaoré, selon le choix des personnes interrogées.Focus sur les troubles psychiatriques et les représentations sociales
L'étude comporte deux volets. Le premier porte sur un échantillon représentatif de 1 100 adultes âgés de 18 ans et plus, sélectionnés au hasard sur l'ensemble du territoire. Le second, à caractère plus exploratoire, concerne 400 enfants et adolescents âgés de 11 à 17 ans. L'étude mesurera également la prévalence de plusieurs troubles psychiatriques, notamment la dépression, l'anxiété, les états de stress post-traumatique, les troubles psychotiques et les troubles liés à l'usage de substances.Diffusion publique des résultats et suites
L'enquête examinera également les représentations sociales de la santé mentale, la perception des troubles par les habitants ainsi que les ressources auxquelles ils ont recours. Les résultats de l'étude seront rendus publics et feront l'objet de présentations ultérieures auprès des acteurs de santé locaux, des élus et de la population, indique l'ARS.