Resident Evil 3 Remake sur Switch 2
Resident Evil 3, remake sorti en 2020 du jeu d'horreur de survie de 1999, est désormais disponible en version native sur Nintendo Switch 2. Le jeu se concentre sur la fuite de Jill Valentine à travers une ville de Raccoon en ruines, offrant une expérience intense de survie et d'action. Contrairement à la version originale sur Switch, qui reposait sur un fonctionnement en nuage, la version Switch 2 propose une aventure fluide et accessible, sans limitations techniques.La fuite de Jill Valentine dans Raccoon City
Le récit place le joueur aux côtés de Jill Valentine alors que Raccoon City sombre dans le chaos à la suite d'une catastrophe biologique qui transforme ses habitants en morts-vivants voraces. Jill doit fuir la ville en ruines tout en échappant à Nemesis, une créature conçue par Umbrella pour éliminer les derniers membres des S.T.A.R.S. Après avoir survécu au manoir Spencer, Jill a été écartée de l'unité d'élite par une municipalité corrompue et vit désormais isolée, convaincue que la société pharmaceutique cache de sombres secrets.Liens avec Resident Evil 2
Les événements de Resident Evil 3 se déroulent en parallèle des aventures de Leon et Claire dans Resident Evil 2. Jill commence sa fuite plusieurs heures avant leur arrivée en ville, ce qui permet des liens intéressants entre les deux jeux. Certains lieux sont revisités à un autre moment de la catastrophe, et certains détails éclairent ce qui s'est passé juste avant l'arrivée des deux autres protagonistes. Le parcours croise également la route de Carlos Oliveira, un mercenaire d'une unité de sauvetage envoyée par Umbrella. Ensemble, ils tentent de survivre et de trouver une issue. Carlos dispose de ses propres séquences jouables et apporte une variété bienvenue, avec un arsenal plus généreux.Mécaniques de jeu et évolution
Sur le plan des mécaniques, les bases restent proches de Resident Evil 2. La caméra par-dessus l'épaule, l'inventaire limité, les poudres permettant de fabriquer des munitions et les coffres de stockage sont tous présents. En revanche, le rythme change radicalement. Resident Evil 3 fournit davantage de munitions, place plus d'ennemis sur le chemin et réduit nettement le nombre d'énigmes. Les rares énigmes restantes sont simples. L'exploration devient moins labyrinthique, avec des zones plus petites et moins sinueuses que celles du commissariat du second épisode.Nouvelles mécaniques et stratégies du joueur
Cette évolution aurait pu transformer l'ensemble du jeu en simple jeu de tir. Capcom conserve heureusement assez de contraintes pour l'éviter. Les zombies restent coriaces, les munitions ne sont pas illimitées, et certaines rencontres vident rapidement les réserves si les tirs manquent leur cible. Jill dispose d'un atout majeur : l'esquive. Une pression au bon moment lui permet d'éviter une attaque et, en cas d'exécution parfaite, elle bénéficie d'un bref ralentissement pour viser immédiatement l'adversaire. La mécanique demande un peu d'entraînement, mais transforme complètement les affrontements une fois maîtrisée. Elle devient indispensable face à certains boss. Le couteau ne dispose plus d'une jauge de durabilité, contrairement à RE2. En revanche, il ne peut pas être utilisé pour se libérer lorsqu'un zombie saisit le personnage. Divers générateurs électriques et différents éléments explosifs disposés dans les décors permettent de neutraliser plusieurs ennemis à la fois.Nemesis, l'antagoniste principal
La grande attraction du jeu reste Nemesis, qui endosse le rôle de poursuivant tenu par Mr. X dans RE2. La comparaison s'arrête assez vite. Le Tyran du commissariat se déplaçait lentement, apparaissait de façon assez organique et exigeait surtout de changer d'itinéraire. Nemesis est bien plus violent. Il court, saute, utilise ses tentacules et peut réduire en quelques secondes la distance qui le sépare de Jill. Lui tourner le dos ne suffit pas toujours à régler le problème. L'esquive, les grenades et les éléments du décor deviennent les meilleurs moyens de gagner quelques secondes. Ses apparitions donnent lieu à plusieurs affrontements spectaculaires, surtout lorsqu'il évolue et abandonne peu à peu sa silhouette humanoïde. Il incarne parfaitement la direction prise par le jeu : moins de lenteur, moins d'attente et davantage de confrontations directes. Pourtant, il inspire paradoxalement moins de peur que Mr. X. La raison tient à la manière dont Capcom l'utilise. Une grande partie de ses apparitions est scriptée, et ses véritables phases de poursuite libre restent relativement courtes. Mr. X pouvait transformer une exploration paisible en cauchemar simplement parce que ses pas se rapprochaient. Avec Nemesis, le jeu indique clairement quand il est temps de courir.Changements et suppressions dans le remake
Resident Evil 3 prend davantage de libertés avec le jeu de 1999 que Resident Evil 2 n'en avait prises avec son modèle. Certains changements fonctionnent très bien. Les personnages sont mieux intégrés au récit, plusieurs séquences gagnent en mise en scène, et l'ensemble possède une continuité plus naturelle. Capcom ne s'est toutefois pas contenté de modifier le contenu existant. Plusieurs passages ont tout simplement disparu. La fameuse tour de l'horloge n'est plus vraiment explorable. Le système de choix en temps réel de l'épisode original a été supprimé. Le mode Mercenaires n'a pas été repris. Plusieurs environnements et créatures ont également été abandonnés. Les araignées, les corbeaux et le Fossoyeur sont absents. Ces absences se ressentent d'autant plus que le jeu est déjà très court. Certains ajouts compensent partiellement ces coupes, notamment un hôpital beaucoup plus développé et plusieurs nouvelles séquences. Il est toutefois difficile de ne pas imaginer ce que cette aventure aurait pu devenir avec quelques heures supplémentaires. Le centre-ville reste la partie la plus réussie. Les rues offrent assez de petits espaces à explorer pour conserver un sentiment de liberté tout en maintenant une pression constante. Les parties suivantes deviennent progressivement plus linéaires. Le passage au commissariat crée un lien sympathique avec RE2. L'hôpital propose quelques très bons moments. Les environnements suivants sont visuellement réussis. Toutefois, l'impression de découvrir une ville entière en déclin s'estompe peu à peu.Performances visuelles et techniques
Cette version native fait immédiatement oublier la version en nuage de la Switch originale. Les effets d'éclairage mettent en valeur les rues détruites et les intérieurs sombres avec un réalisme saisissant. La fluidité reste constante, que l'on joue en mode télévision, nomade ou table. Le RE Engine se montre remarquablement performant. Les visages conservent beaucoup de détails. Les matériaux sont très propres. Les nombreuses sources lumineuses de Raccoon City donnent beaucoup de profondeur aux environnements. Néons, flammes, véhicules en feu, fumée, étincelles et explosions contribuent au spectacle sans donner l'impression que la console peine à suivre. La fluidité semble irréprochable tout au long de l'aventure. Aucun ralentissement gênant n'a perturbé les phases les plus intenses. Le résultat est extrêmement beau et fluide à l'œil. Un détail technique mérite d'être signalé : la fréquence d'images des ennemis au loin est réduite pour améliorer la fluidité générale. Rien qui ne gâche l'expérience de jeu, mais un élément qui peut sortir le joueur de l'immersion le temps d'un instant. La musique utilise des thèmes récurrents pour faire monter la tension en même temps que le danger. Le fusil à pompe frappe avec un son grave et satisfaisant. Les effets physiques, comme le déchirement de la chair ou le craquement du crâne d'un zombie, sonnent dérangeants, humides et mordants. La musique des salles de sauvegarde reste particulièrement apaisante et accueillante. Le jeu d'origine en offrait l'un des meilleurs exemples, et ce remake poursuit cette tradition. Le doublage français, en revanche, déçoit. La performance de Jill Valentine dans la version française semble désynchronisée par rapport au reste du casting. On passe rapidement à la version originale anglaise, avec laquelle on prend davantage de plaisir.Campagne courte et rejouabilité
Resident Evil 3 reste une aventure particulièrement courte. Il faut généralement environ six à sept heures pour terminer une première partie en explorant soigneusement les environnements. Les joueurs qui connaissent déjà le parcours termineront beaucoup plus vite. Contrairement à RE2, aucune seconde campagne équivalente à celle de Leon et Claire n'attend le joueur. Jill et Carlos sont contrôlés pendant la même histoire, et l'aventure suit un chemin unique. La rejouabilité repose surtout sur les difficultés supplémentaires, les défis et la boutique débloquée après la fin du jeu. Les difficultés Cauchemar et Enfer sont un bon moyen de prolonger le plaisir. La disposition de certains ennemis et objets peut changer. Les adversaires deviennent évidemment beaucoup plus dangereux. Pour ceux qui aiment apprendre un jeu par cœur, optimiser leurs trajets et tenter d'améliorer leur classement, Resident Evil 3 peut facilement dépasser la durée de sa campagne unique. Cette édition Switch 2 arrive sans Resident Evil Resistance, le mode multijoueur asymétrique qui accompagnait gratuitement le jeu à sa sortie en 2020. Les serveurs ont fermé la même année. Son absence rend le contenu de cette nouvelle version encore plus léger. À 29,99 euros, le problème est moins difficile à accepter qu'au prix d'un jeu neuf vendu plein tarif en 2020. Il est néanmoins impossible de ne pas le mentionner.