Le samedi 3 octobre, à Gaillon, une commune du département de l’Eure, plus de 15 000 personnes se sont rassemblées pour une manifestation contre l’industrie agrochimique. L’événement a réuni des agriculteurs, des soignants, des patients, des habitants, des scientifiques et des militants écologistes qui ont défilé contre Syngenta, l’un des plus grands groupes agro-industriels au monde. La mobilisation a mis en lumière des préoccupations majeures : la santé publique, la souveraineté alimentaire et la justice environnementale, des enjeux qui dépassent les frontières françaises pour toucher les territoires ultramarins et la communauté internationale. L’objectif était d’attirer l’attention sur l’usage massif des pesticides et les risques qu’ils font peser sur la santé humaine et l’environnement.
Plusieurs intervenants, issus d’organisations comme la Confédération paysanne, Cancer Colère et les Soulèvements de la Terre, ont souligné les dangers des pesticides, les associant à des maladies chroniques, au cancer et à la dégradation des écosystèmes. Selon les données de Santé publique France, le nombre de cas de cancer diagnostiqués chaque année dans l’Hexagone a plus que doublé depuis 1990. Des scientifiques et des organismes de santé publique, comme l’Inserm, ont documenté un lien fort entre l’exposition aux produits chimiques – et notamment aux pesticides – et le développement de cancers ainsi que d’autres maladies chroniques. Pourtant, de nombreux citoyens et militants estiment que les pouvoirs publics n’ont pas suffisamment protégé la population contre ces risques.
La polémique autour des agrochimiques alimente les débats politiques depuis plusieurs années. En 2025, la proposition de loi Duplomb, qui visait à assouplir les réglementations du secteur agro-industriel pour renforcer sa compétitivité, avait suscité une vive opposition, avec plus de 2,1 millions de signatures recueillies contre le texte. En 2026, la loi d’urgence agricole a finalement été adoptée, réintroduisant certaines des dérégulations controversées, dont l’usage de pesticides interdits. Ce texte, soutenu par l’extrême droite et des élus centristes, a essuyé les critiques de la ministre actuelle de la Transition écologique ainsi que d’anciens ministres socialistes et macronistes. Fleur Breteau, porte-parole de Cancer Colère, a dénoncé un gouvernement qui « légifère contre la science et la volonté des citoyens ».
La manifestation de Gaillon n’était pas seulement un événement local, mais s’inscrivait dans un mouvement international plus large contre les agrochimiques. Des rassemblements similaires ont eu lieu au Royaume-Uni, à Hawaï, en Indonésie, au Kenya, en Suisse, en Argentine et dans d’autres régions, tous exigeant souveraineté alimentaire et justice environnementale. Les militants ont également mis en avant les dimensions coloniales de l’utilisation des pesticides, en rappelant l’usage historique d’armes chimiques au Vietnam, au Cambodge et au Laos, dont l’Agent Orange, ainsi que l’emploi actuel de glyphosate dans les territoires palestiniens occupés par l’armée israélienne. La procession décoloniale lors de la manifestation arborait les drapeaux de la Martinique et de la Guadeloupe, deux régions durement touchées par le pesticide toxique chlordécone, utilisé dans les plantations de bananes de 1972 à 1993, alors qu’il était déjà interdit aux États-Unis depuis 1977 et classé comme cancérogène possible par l’Organisation mondiale de la santé en 1979. Ce pesticide n’a été interdit en France qu’en 1990, avec des dérogations permettant son usage dans les Antilles françaises jusqu’en 1993.
Les conséquences de l’usage des agrochimiques dépassent largement les frontières françaises et ses territoires ultramarins. La production de pesticides interdits en France, comme ceux fabriqués dans les usines Syngenta d’Euro, est exportée vers des pays tels que le Brésil, l’Argentine, le Mexique, la Chine et le Kenya. Cette pratique, où des pays produisent et exportent des substances nocives alors qu’elles sont bannies sur leur propre sol, est qualifiée de « colonialisme chimique », un terme popularisé par la géographe Larissa Mies Bombardi. Des problèmes similaires émergent à La Réunion, département d’outre-mer dans l’océan Indien, où l’usage de pesticides reste élevé malgré l’interdiction de certaines substances en métropole. L’utilisation d’Asulox, un herbicide interdit en Europe mais employé à La Réunion pour la culture de la canne à sucre, illustre le défi persistant qui consiste à concilier les besoins agricoles et la protection de la santé publique. Alors que les recherches sur les effets sanitaires de ces produits se poursuivent, militants et chercheurs appellent à une transition vers des pratiques agricoles durables et sans produits chimiques.
Démonstration massive contre l'industrie agrochimique : préoccupations sanitaires et environnementales mises en avant
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
pesticidesagrochemistryenvironmental-justicechemical-colonialismhealth-impactfood-sovereignty



