L’amélioration des compétences du personnel paramédical est devenue l’une des réponses à la pénurie de médecins, bien que, comme le rappelle régulièrement leur ordre professionnel, « il n’y a pas de pénurie d’infirmières ». Des exemples émergent ici et là, avec des degrés de réussite variables. Celui présenté par Marie-Line Androni, cadre de santé au service d’imagerie de l’Institut de cancérologie de Lorraine à Nancy lors des Journées des cadres de l’imagerie 2026, a fait ses preuves. Un service submergé par les rendez-vous. Depuis plusieurs années, la charge de travail accrue des modalités d’imagerie dans cet établissement, couplée à la situation démographique défavorable de la radiologie hospitalière ainsi qu’aux contraintes imposées par les cliniciens sur les délais de réalisation des examens, a mis la pression sur l’organisation. Les équipes en pâtissent, et la qualité des soins radiologiques aux patients s’en ressent. Cette situation a donc nécessité une évolution dans l’organisation des flux, et notamment de la planification des rendez-vous, devenue trop chaotique. Dans ce contexte, les secrétaires médicales étaient chargées de la majorité de la planification des actes de routine, mais ne pouvaient trouver de solutions face à des situations complexes comme le réaménagement des examens annulés, les absences imprévues des médecins ou les irrégularités dans le flux des demandes d’examen. C’est dans ce cadre qu’a été expérimentée, au service de radiothérapie de l’Institut de cancérologie de Lorraine, une cellule de coordination paramédicale des rendez-vous. Cette initiative a permis de lisser l’activité et a démontré son efficacité grâce à une collaboration étroite avec les secrétaires. Le service d’imagerie médicale a donc décidé de transposer ce concept de cellule de coordination paramédicale des rendez-vous. Il a été développé par un manipulateur en électroradiologie médicale (MERM) et la cadre de santé Marie-Line Androni. Les missions de coordination paramédicale en imagerie dans ce service consistent désormais à attribuer les rendez-vous d’examens complexes, notamment en imagerie interventionnelle avec des ressources médicales limitées ou des examens devant être réalisés rapidement. La coordination veille aussi à lisser les flux pour optimiser le remplissage des plages horaires de manière cohérente, à coordonner les activités du bloc opératoire et de l’imagerie, voire à gérer les pannes. Ces missions démontrent leur efficacité. Elles anticipent également les difficultés liées aux périodes de travail, à la présence des radiologues sur leurs plages réservées ou à la priorisation des indications. La coordination assure aussi une évaluation des délais de rendez-vous pour chaque modalité, ainsi que la gestion de l’architecture logicielle de planification. Grâce au succès de cette initiative, lancée il y a dix ans, le poste de coordinateur des rendez-vous est désormais, en 2026, un poste à temps plein occupé à tour de rôle par six MERM qui perçoivent une prime de l’établissement pour leur engagement. Ces professionnels occupent ce poste en moyenne un jour par semaine, le reste du temps étant consacré, comme leurs collègues de l’équipe, aux soins radiologiques des patients, avec en plus la connaissance globale de l’activité du service. « Le bon examen au bon moment. » Marie-Line Androni se réunit chaque semaine avec l’équipe de coordination pour faire le point sur l’activité, recenser les difficultés rencontrées et recueillir les besoins. Elle constate, avec le recul, que la mise en place de cette coordination, associée aux secrétaires d’imagerie, permet de répondre aux attentes des cliniciens en matière de délais. Elle attribue aussi ce succès au raisonnement clinique des MERM et à leur connaissance aiguë de l’activité de l’unité. Ainsi, le bon examen est planifié au bon moment, pour le bon patient, avec le bon professionnel, et les équipes y gagnent en confort de travail.