Le 1er octobre, le groupe scolaire Saint-Exupéry, situé à la Croix-Rousse, a informé les parents et les élèves, via la plateforme en ligne Pronote, que les cours se dérouleraient à distance le lendemain « en coordination avec les autorités académiques ». Cette décision intervenait après la mise en place de l’enseignement à distance dans 44 établissements du Rhône. Un arrêté préfectoral avait également restreint les rassemblements protestataires dans un rayon de 100 mètres autour des établissements scolaires, de 6 heures à 18 heures ce jour-là. L’utilisation de la visioconférence, un outil largement adopté pendant les confinements de 2020, a été encouragée par le gouvernement et les responsables de l’Éducation nationale pour assurer la continuité pédagogique et maintenir l’ordre. Europe 1 rapportait le 30 septembre que des incidents comme « des poubelles brûlées, des vitrines brisées » avaient été recensés dans le cadre de manifestations liées à Vincent Bolloré, magnat des médias. Cependant, le reportage ne s’était pas attardé sur les revendications des lycéens. Vendredi, près du lycée Ampère, quai Jean-Moulin, des élèves scandaient « Bloquez les casseurs ! », tandis que d’autres, dans différentes régions de France, hurlaient « Casseurs, dégagez ! » Certains estiment que ces prises de parole méritaient davantage d’écho médiatique que les dégradations matérielles. Le ministre a demandé aux procureurs d’agir « avec fermeté et dans les meilleurs délais » contre les mineurs impliqués dans les troubles. Des sources évoquaient le cas d’un lycéen de 16 ans à Tours, devenu partiellement aveugle à l’œil droit après avoir été touché par un tir de LBD, une arme de force intermédiaire. À Vénissieux, des enseignants du lycée Jacques-Brel ont décrit des scènes où des forces de l’ordre « plaquaient violemment des élèves devant nous ». Certains s’interrogent sur le rôle de la police dans la contention de mineurs, soulignant que personne ne rejoint les rangs pour frapper ou retenir des jeunes. Une vidéo aurait montré l’eurodéputé Anthony Smith assistant à une scène où une personne présentée comme un policier lançait des pierres vers des collègues, potentiellement pour provoquer une confrontation. Lyon a une histoire de tels incidents, avec un encerclement de manifestants place Bellecour en 2010, ultérieurement jugé par la Cour européenne des droits de l’homme comme une atteinte à la liberté de réunion. Le projet de loi de finances 2027 prévoyait des frais d’inscription annuels de 178 euros pour les BTS (formations techniques et professionnelles) et de 270 euros pour les classes préparatoires, avec des exemptions pour les boursiers. Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale, a indiqué que le gouvernement prendrait « l’initiative de retirer » cette mesure. Si elle avait été appliquée, cette hausse aurait permis d’économiser 270 euros par an pour les élèves non boursiers des classes préparatoires. Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, a reconnu que cette proposition avait suscité « beaucoup d’émotions », mais a condamné avec fermeté « l’intolérable, l’inacceptable » climat de violence dans les établissements. La production scientifique française a reculé, passant de la sixième à la treizième place mondiale en matière de publications entre 2010 et 2022, avec un effort de recherche tombé à 0,74 % du PIB en 2023, le niveau le plus bas depuis 1980. Parallèlement, des ministres de l’Éducation et des hauts responsables de rectorats scolarisent souvent leurs enfants dans le privé, révélant un décalage entre leurs discours et leurs choix personnels. Des analystes politiques ont comparé le mouvement étudiant français à des protestations similaires en Serbie, où des étudiants avaient occupé des universités après un accident ferroviaire en 2024, les gouvernements ayant d’abord minimisé ces mobilisations en les qualifiant de mineures ou d’instrumentalisées politiquement. Des chercheurs du laboratoire Triangle à Lyon ont établi des parallèles entre les actuelles manifestations et le mouvement des Gilets jaunes, où des primo-manifestants avaient basculé dans l’engagement politique en critiquant à la fois les forces de l’ordre et l’État-providence. L’expression « la main gauche manque, la main droite les frappe » illustre le déséquilibre perçu dans l’action de l’État. Le groupe scolaire Saint-Exupéry, nommé en hommage à l’auteur du Petit Prince, a vu ses élèves s’emparer du récit de l’enfance et de la critique de l’autorité adulte dans leurs revendications.