Depuis le 28 septembre 2026, un mouvement national étudiant bloque des lycées à travers toute la France, exigeant un renforcement des moyens alloués au système éducatif. Pierre-Henri Dumont, secrétaire général adjoint des Républicains, a déclaré : « Les élèves ont un droit, c’est d’être en cours, de se taire et d’écouter le professeur. » Cette prise de position intervient dans le cadre d’un débat sur l’existence d’un droit de grève pour les lycéens. Si le porte-parole de la campagne de Bruno Retailleau qualifie la situation de « caricatural », il n’en reste pas moins que les lycéens disposent de droits reconnus. Selon le Code de l’éducation, ils bénéficient notamment du droit à l’information et à l’expression, tel que défini à l’article L.511-2. Le droit de réunion est également reconnu, encadré par les articles R.511-1 et R.511-10 du même code, tandis que l’article R.511-9 précise le cadre de la liberté d’association au sein des établissements. Les élèves ont donc le droit d’exprimer leur mécontentement, mais ils restent tenus par une obligation d’assiduité. Ils ne disposent pas d’un droit de grève leur permettant de se soustraire à cette obligation de participation aux activités scolaires en cas de mobilisation pendant les heures de cours. L’article L.511-1 du Code de l’éducation rappelle que leurs obligations incluent l’assiduité ainsi que le respect des règles de vie collective de l’établissement. L’article R.511-11 précise que cette obligation s’étend au respect de l’emploi du temps défini par l’établissement. Le blocage des accès au lycée ne relève pas des libertés reconnues, dans la mesure où celles-ci ne peuvent entraver le bon déroulement des activités pédagogiques. Empêcher d’autres élèves ou des membres du personnel d’entrer dans l’établissement expose les participants à des sanctions disciplinaires, allant de l’avertissement à l’exclusion définitive (article R. 511-13 du Code de l’éducation). Le blocage peut également tomber sous le coup du droit pénal, puisque l’article 431-1 du Code pénal sanctionne les actions qui entravent, de manière concertée et avec menaces, l’exercice de plusieurs libertés, dont celle du travail. Depuis la loi Séparatisme de 2021, ce texte vise également l’exercice de la fonction enseignante. Un blocage empêchant les enseignants et le personnel de travailler peut donc relever de cette disposition, avec une peine pouvant aller jusqu’à un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende. Ces peines sont portées à trois ans et 45 000 euros en cas d’obstruction impliquant des violences, des dégradations ou des destructions. Le Code pénal sanctionne également l’occupation des locaux scolaires dans le but de troubler l’ordre et la tranquillité de l’établissement, ainsi que la dégradation des locaux, avec des peines aggravées en cas d’incendie, comme cela s’est produit à Nantes. Toutefois, tous les blocages ne constituent pas une infraction pénale : les éléments constitutifs de l’infraction doivent être réunis. L’obstruction visée à l’article 431-1 suppose une action concertée et des menaces, ou des violences. Chercher à convaincre des camarades de rejoindre le mouvement sans pression ni violence, et sans les empêcher d’entrer, ne relève pas de cette qualification. Les lycéens ne disposent donc ni d’un droit de grève ni d’un droit de blocage. Pourtant, entre le silence imposé en classe et le blocage de leur établissement, la loi leur offre un réel espace d’expression.