Les blocages de lycées et les violences qui y sont associées ont persisté en France mercredi 30 septembre, alors que les élèves manifestaient contre des moyens insuffisants, des salles de classe surchargées et un manque de personnel. Selon le ministère de l’Éducation nationale, 356 établissements scolaires étaient touchés par ces troubles, avec 625 personnes interpellées et 83 agents des forces de l’ordre blessés. Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a fait état de 119 élèves et personnels blessés depuis vendredi dernier, dont 34 membres du personnel, qualifiant la situation d’"inédite" dans le système éducatif. Tout en condamnant la "violence inqualifiable" envers les enseignants et le personnel, il a également reconnu que certaines revendications des élèves étaient "légitimes". Le Syndicat des lycéens (USL) et l’Union étudiante ont appelé à de nouveaux blocages des lycées et universités jeudi 1er octobre, ainsi qu’à une "grande manifestation nationale" le 6 octobre. Ils ont mis en avant des problèmes comme les classes surchargées, les absences d’enseignants non remplacées et la dégradation des infrastructures. Ryad Rani, président de l’USL, a souligné que dans la moitié des établissements, 50 % des assistants d’éducation étaient absents, et que certains lycées manquaient même d’infirmières scolaires ou d’assistants sociaux. Ces conditions ont alimenté la frustration des élèves et contribué à la poursuite des mobilisations. Le mouvement étudiant, parti d’Île-de-France, s’est étendu à d’autres régions, avec 400 lycées et une dizaine d’universités bloqués mardi 29 septembre. Les responsables politiques ont critiqué ces protestations : le président Emmanuel Macron a condamné les violences et affirmé qu’aucun responsable politique ne pouvait les légitimer. Jean-Luc Mélenchon, de La France insoumise, a pour sa part appelé à des méthodes de protestation non violentes. Des violences ont éclaté dans plusieurs villes, dont Lyon, Lille, Saint-Denis et Rennes, avec des jets de projectiles, des feux de poubelles et des dégradations de biens publics. À Tours, un lycéen a été éborgné, et à Alençon, un élève a été étranglé. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a prévenu que tout élu incitant à la violence ferait l’objet de poursuites pénales. L’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été saisie de trois enquêtes après des blessures infligées à des élèves. Le gouvernement a annoncé la création d’une "plateforme de concertation" et l’organisation d’un "événement national de restitution" pour répondre aux préoccupations des élèves. De leur côté, les syndicats étudiants ont réaffirmé leurs exigences en matière de conditions d’apprentissage dignes et critiqué la réponse gouvernementale, qu’ils jugent répressive.