Le mardi 6 octobre à 20 h 45, le documentaire Pluto : les mystères aux confins du système solaire sera diffusé en première sur SCIENCE & VIE TV, révélant la planète naine sous un jour inédit. Pendant des décennies, Pluton n’a été qu’un point de lumière à peine perceptible, même à travers les télescopes les plus puissants. Ce monde glacé, situé à plusieurs milliards de kilomètres de la Terre, a été découvert en 1930 par l’astronome américain Clyde Tombaugh. Baptisée en référence au dieu romain des Enfers, elle était perçue comme un objet sombre et mystérieux, semblant venir d’un autre univers. Cette image a radicalement changé avec l’arrivée d’une sonde spatiale. En janvier 2006, la NASA lançait la mission New Horizons avec l’ambitieux objectif d’atteindre Pluton et d’en capturer les premières images rapprochées. Ce voyage de près de neuf ans à travers le vide spatial a finalement conduit la sonde à proximité de Pluton en juillet 2015. Pourtant, la mission a frôlé l’échec : l’équipe au sol a perdu le contact avec l’engin, qui a failli survoler Pluton sans transmettre aucune donnée. Heureusement, le contact a été rétabli, et les images et données qui ont suivi ont stupéfié les scientifiques du monde entier. Les clichés de New Horizons montrent une Pluton bien plus complexe que ce que quiconque avait imaginé. Au lieu d’une surface uniforme et sans vie, la planète naine présente des montagnes de glace, des canyons, de vastes plaines et des cratères, tous recouverts de neige et de glace. Ses couleurs — des rouges et des blancs — sont frappantes et inattendues. Au centre de la surface visible de Pluton se trouve une grande région en forme de cœur, composée d’un glacier d’azote solide sans cratères, suggérant que la surface est en constante évolution et se renouvelle. Les scientifiques s’interrogent sur la façon dont une telle activité géologique peut se produire sur un monde où les températures descendent jusqu’à -230 °C. Ils ont identifié des formations ressemblant à des volcans, mais au lieu de lave, de l’eau gelée semble s’écouler comme de la roche en fusion. La présence d’ammoniac dans la composition de la surface pourrait expliquer ce phénomène, car il abaisse le point de congélation de l’eau. L’origine de la chaleur alimentant ces processus reste mystérieuse, avec des théories allant d’éléments radioactifs dans le noyau à une forme unique de neige agissant comme isolant. Cette chaleur soulève une question intrigante : Pluton pourrait-elle cacher un océan d’eau liquide sous sa croûte glacée ? Par ailleurs, la mission New Horizons a fourni les premières images détaillées des cinq lunes de Pluton. La plus grande, Charon, est si massive que les deux corps orbitent autour d’un point central commun, formant un système binaire plutôt qu’une planète et son satellite. L’atmosphère de Pluton, complexe et stratifiée, a été étudiée en laboratoire sur Terre et pourrait être responsable de sa teinte rougeâtre. Elle contient également les éléments constitutifs de molécules essentielles à la vie, laissant penser que Pluton pourrait réunir certaines conditions nécessaires à l’émergence de la vie.