Le débat sur le salaire minimum s'intensifie

Le gouvernement français n'exclut pas une hausse temporaire du salaire minimum, actuellement fixé à 1 477,93 euros net, mais a averti qu'une telle mesure pourrait menacer l'emploi et alimenter l'inflation. Cette question figure parmi les principales revendications de la grève interprofessionnelle et de la manifestation prévues le 5 novembre.

Contexte historique des revalorisations salariales

La dernière hausse temporaire du salaire minimum remonte à juillet 2012, après l'élection du président François Hollande. Contrairement aux autres salaires, le salaire minimum est revalorisé automatiquement chaque 1er janvier en fonction de l'inflation, et en cours d'année si l'inflation dépasse 2 %.

La CFDT réclame une hausse de 100 euros

Le syndicat CFDT, qui s'est historiquement opposé aux hausses temporaires du salaire minimum, a récemment demandé une augmentation de 100 euros net, soit une hausse de 6,8 %. Sa secrétaire générale, Marylise Léon, a déclaré qu'une telle augmentation nécessiterait un réexamen de toutes les grilles de classification et de tous les coefficients des conventions collectives.

D'autres syndicats demandent des hausses plus importantes

La CGT réclame une hausse immédiate de 10 % pour porter le salaire minimum à 2 053,72 euros brut, avec une nouvelle augmentation à 2 200 euros. Elle demande également le retour de l'indexation des salaires sur les prix. FO souhaite indexer le salaire minimum sur 80 % du salaire médian, qui s'élevait à 2 238 euros net dans le secteur privé en 2025, selon l'Insee.

La CFTC demande une hausse temporaire plus modeste

Cyril Chabanier, à la tête de la CFTC, a demandé une hausse temporaire de 0,6 %, comparable à celle décidée sous Hollande, en plus de la revalorisation automatique de 1 % prévue au 1er janvier. Cette hausse pourrait être anticipée au 1er novembre ou au 1er décembre.

Les demandes syndicales portent aussi sur les aides publiques

Les syndicats demandent par ailleurs la suppression de l'éligibilité aux aides publiques pour les entreprises dont les grilles salariales commencent en dessous du salaire minimum. La CGT estime que 122 branches sur 200 sont concernées par ce problème.

Le gouvernement prudent face aux hausses importantes

Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, n'exclut pas une hausse temporaire, mais met en garde contre des augmentations importantes, invoquant le risque de pertes d'emplois et les pressions inflationnistes. Il a averti qu'une hausse de 150 euros pourrait supprimer 250 000 emplois, soulignant que les entreprises de services pourraient répercuter les hausses de salaires sur les prix.

Le Medef met en garde contre les risques économiques

Le Medef alerte également contre un « choc sur le travail » qui résulterait de la combinaison d'une hausse temporaire du salaire minimum avec la réduction prévue des exonérations de cotisations patronales dans le budget de la Sécurité sociale pour 2027.