Hausse anticipée du SMIC à l'étude

Le gouvernement français envisage une hausse anticipée du SMIC, le salaire minimum interprofessionnel de croissance, qui est normalement revalorisé automatiquement le 1er janvier. Toutefois, le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a déclaré qu'aucune décision n'avait encore été prise, et le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a indiqué que l'idée était toujours en discussion.

Critères de revalorisation du SMIC

Le SMIC est revalorisé chaque année selon deux facteurs : l'inflation qui touche les 20 % de ménages aux revenus les plus faibles, et la moitié de la hausse du pouvoir d'achat du salaire horaire de base ouvrier et employé. Il peut aussi augmenter en cours d'année si l'inflation dépasse 2 % depuis la dernière revalorisation, comme cela s'était produit en juin de l'année dernière.

Impact potentiel d'une revalorisation anticipée

Selon les calculs de MoneyVox, fondés sur les prévisions d'inflation de l'Insee, la revalorisation de janvier serait vraisemblablement inférieure à 1 %, compte tenu de la hausse de 2,41 % intervenue en juin. Si le gouvernement avance la hausse, elle pourrait être appliquée en novembre ou en décembre, ce qui représenterait un gain de 14 euros ou de 28 euros pour les salariés au SMIC, selon la date retenue.

Le gouvernement pourrait opter pour un « coup de pouce »

Le gouvernement a la possibilité d'appliquer un « coup de pouce », c'est-à-dire une hausse supplémentaire allant au-delà du calcul automatique. Cette mesure a été utilisée pour la dernière fois en 2012, lorsque le taux horaire du SMIC avait été relevé de 2 %, soit 1,4 % au titre de l'inflation et un coup de pouce supplémentaire de 0,6 %. Toutefois, aucune mention d'un coup de pouce n'a été faite récemment, ce qui rend son utilisation à nouveau peu probable.

Les employeurs s'opposent à une revalorisation anticipée

La hausse anticipée suscite déjà la controverse, les employeurs avertissant qu'elle pourrait « créer le chaos dans les entreprises ». Patrick Martin, du Medef, grande organisation patronale, a exprimé son inquiétude quant à l'impact potentiel sur les entreprises. Par ailleurs, des syndicats comme la CGT réclament une hausse bien plus importante, en demandant une augmentation de 10 % du salaire minimum.