La France accuse un retard en matière de sécurité routière malgré les progrès de l'UE, avec 45 à 50 décès par million d'habitants, loin derrière la Suède et le Danemark.
Baisse légère des décès sur les routes de l'UE en 2025
La Commission européenne a recensé 19 350 décès dans des accidents de la route dans l'UE en 2025, soit une baisse de 3 % par rapport aux années précédentes. Toutefois, seuls cinq pays sont en voie d'atteindre l'objectif fixé pour 2030, qui vise une réduction de 50 % du nombre de tués sur les routes.La France accuse un retard par rapport aux leaders européens en matière de sécurité routière
La France affiche un taux de mortalité routière nettement supérieur à la moyenne européenne, oscillant entre 45 et 50 décès par million d'habitants. À l'inverse, des pays comme la Suède et le Danemark enregistrent des taux bien plus faibles, de 19 et 24 décès par million d'habitants respectivement.Une fracture économique qui influe sur la sécurité routière
La géographie de la mortalité routière en Europe révèle une nette fracture économique. La Bulgarie, la Roumanie et la Croatie présentent les taux les plus élevés, tandis que les pays nordiques bénéficient d'investissements durables dans les infrastructures et la prévention. La Belgique, la Pologne et le Danemark ont également mis en œuvre des stratégies de sécurité routière ciblées et cohérentes.Le budget français consacré à la sécurité routière reste faible
La France n'a pas augmenté son budget de sécurité routière depuis 2020, consacrant environ 150 millions d'euros par an, soit moins de 2,20 euros par habitant. Ce montant est nettement inférieur aux quelque 5 euros par personne investis par la Suède dans la prévention routière.Les accidents de la route pèsent lourdement sur les finances de l'UE
Chaque décès sur les routes de l'UE s'accompagne en moyenne de cinq blessés graves, soit près de 100 000 personnes chaque année. En France, 15 000 personnes sont grièvement blessées chaque année et nécessitent des soins de longue durée. Les coûts directs et indirects des accidents de la route en France atteignent environ 50 milliards d'euros par an, soit 2 % du produit intérieur brut du pays.Les personnes âgées sont plus exposées et récupèrent plus lentement
Les personnes âgées figurent parmi les victimes les plus fréquentes des accidents de la route, et subissent souvent des conséquences sanitaires plus graves. Une personne âgée hospitalisée à la suite d'un accident grave passe en moyenne 45 jours à l'hôpital, contre 28 jours pour un jeune adulte. À mesure que la population française vieillit, cette tendance devrait s'aggraver.La plupart des décès sur la route surviennent sur les routes rurales
En France, 55 % des accidents mortels se produisent sur les routes rurales, souvent mal entretenues et dépourvues d'équipements de sécurité essentiels. La modernisation de ces routes nécessiterait 8 milliards d'euros sur dix ans, alors que les budgets départementaux consacrés aux infrastructures routières ont diminué de 12 % depuis 2015.La Suède et le Danemark en tête de la sécurité routière avec Vision Zero
La Suède a lancé le programme Vision Zero en 1997, dont l'objectif est d'éliminer totalement les décès sur les routes. Depuis, le pays a réduit son taux de mortalité de 60 % grâce à l'amélioration des infrastructures. Le Danemark a suivi une voie similaire, en mettant fortement l'accent sur la protection des cyclistes et des piétons.Les efforts de la France en matière de sécurité routière sont inégaux
Si de grandes villes comme Paris ont réalisé des progrès dans la réduction des décès sur les routes, les zones rurales et les villes moyennes accusent un retard important. L'absence de coordination nationale limite l'efficacité globale des mesures de sécurité routière en France.L'UE exhorte la France à accélérer l'amélioration de la sécurité routière
La Commission européenne estime que le rythme actuel des progrès est trop lent pour atteindre l'objectif de 2030. La France devrait tripler ses investissements en sécurité routière et mettre en œuvre des mesures telles que la modernisation des routes rurales et le renforcement des campagnes de sensibilisation. Sans action urgente, la France risque de rester en bas des classements européens de sécurité routière.