Les mises à niveau logicielles non désirées coûtent des milliards aux entreprises

Une nouvelle étude réalisée par Origina, une société indépendante de maintenance logicielle, montre qu'environ 28 % des budgets logiciels des grandes entreprises sont consacrés à des mises à niveau non désirées. Ces mises à niveau, souvent imposées par les fournisseurs, entraînent des coûts récurrents qui détournent les ingénieurs de leurs tâches et réduisent les fonds consacrés à l'innovation et à la cybersécurité.

Les répondants paient les mises à niveau malgré des attentes négatives

Selon l'enquête, 95 % des directeurs informatiques interrogés ont déclaré avoir payé pour une mise à niveau alors qu'ils s'attendaient à ce qu'elle dégrade leurs résultats. Par ailleurs, 80 % ont indiqué que quitter un grand éditeur de logiciels perturberait fortement leurs activités, ce qui met en évidence leur dépendance à l'égard de ces fournisseurs.

Une enquête ciblant les grandes entreprises du monde entier

L'étude portait sur des entreprises comptant au moins 10 000 salariés, et environ la moitié des 2 018 répondants venaient des États-Unis, les autres du Royaume-Uni. Tous travaillaient pour des entreprises dont le chiffre d'affaires annuel atteignait au moins un milliard de dollars. Les répondants ont indiqué avoir mis hors service des équipements pleinement fonctionnels afin de respecter les échéances de fin de support fixées par les fournisseurs, perdant en moyenne 1,65 année de durée de vie utile.

Le fondateur qualifie le problème de « taxe logicielle »

Le fondateur et directeur général d'Origina, Tomás O'Leary, décrit ce phénomène comme une « taxe logicielle » susceptible de dégrader l'état des systèmes informatiques. Il a fait remarquer que l'ampleur de cette taxe l'a surpris, même s'il s'attendait à ce que les mises à niveau forcées entraînent des coûts importants pour les entreprises.

Les changements imposés retardent les projets d'IA et de données

L'enquête révèle que les modifications logicielles imposées retardent ou interrompent souvent les projets d'IA et de données. Interrogés sur la dernière fois qu'un tel projet avait été retardé, suspendu ou annulé, 90 % des répondants ont affirmé que les coûts imposés par les éditeurs avaient eu au moins un impact modéré. James McGlennon, directeur des systèmes d'information chez Liberty Mutual, explique que ces coûts sont récurrents et limitent les possibilités d'innovation.

Les répondants disposent de peu de pouvoir de négociation

Environ 76 % des répondants ont déclaré disposer de peu de marge de négociation avec leurs principaux éditeurs de logiciels. O'Leary explique que le marché ne laisse aux directeurs technologiques expérimentés que peu d'options, ce qui se traduit par des réductions budgétaires, du temps d'ingénierie gaspillé et des efforts d'innovation non financés.

Appel à une action législative

Les répondants demandent aux législateurs d'adopter des règles qui protègent les utilisateurs de logiciels en entreprise. Environ 91 % sont favorables à une législation leur accordant des protections semblables à celles des locataires résidentiels de longue durée, tandis que 82 % soutiennent des règles relatives à la maintenance logicielle comparables aux normes européennes sur la réparation des matériels.

Des experts recommandent une stratégie de négociation proactive

Des experts comme le professeur Marshall Van Alstyne conseillent aux directeurs informatiques de négocier les conditions de sortie avant de signer des contrats avec les éditeurs. Il s'agit notamment de fixer à l'avance les conditions d'une aide à la migration afin d'éviter des charges financières et opérationnelles futures.