Sacha Houlié, député de la Vienne et membre du groupe Place publique, a accusé Ségolène Royal d’avoir « détruit la région Poitou-Charentes » pendant sa présidence, de 2004 à 2014. En décembre 2016, la Chambre régionale des comptes (CRC) a confirmé que la région affichait une dette non réglée de 111 millions d’euros, ainsi que 172 millions d’euros d’emprunts, dont 46 classés comme toxiques. Des experts ont souligné que le déclin financier de la région avait été bien plus rapide que la moyenne des autres régions, sans pour autant employer le terme de « région ruinée ». Ségolène Royal, qui a dirigé Poitou-Charentes de 2004 à 2014, a été remplacée par Jean-François Macaire (PS) jusqu’en décembre 2015. En janvier 2016, Poitou-Charentes a fusionné avec l’Aquitaine et le Limousin pour former la nouvelle région Nouvelle-Aquitaine, présidée par Alain Rousset (PS). C’est à ce moment-là que la polémique autour du bilan financier de Ségolène Royal a émergé, le président de la nouvelle région évoquant la découverte de millions d’euros de dettes non réglées et une « dérive financière » héritée de l’administration précédente. Jean-François Macaire, alors vice-président en charge des finances de Nouvelle-Aquitaine, a quitté son poste à peine deux mois après sa prise de fonction. Un audit financier réalisé par Ernst & Young, commandé par le président de la région, a été présenté en avril 2016. Il révélait une situation financière fortement dégradée, avec des réserves quasi nulles, des dépenses sous-estimées, des retards de paiement et 132 millions d’euros de dettes non réglées. Cependant, il ne s’agissait pas d’un jugement de la Cour des comptes. Ségolène Royal a contesté ces conclusions, déclarant être « scandalisée » par les propos « diffamatoires et négatifs » tenus à l’encontre de son ancienne région. Elle a qualifié les chiffres de « faux » et imputé les problèmes à un « bug informatique » lié au logiciel imposé par l’Aquitaine. Elle a estimé que ces critiques visaient à « mieux apparaître comme le sauveur que tout le monde attendait » pour justifier des hausses d’impôts ou l’abandon de certaines actions qu’elle jugeait utiles et importantes. Dominique Breillat, professeur émérite de droit public à l’université de Poitiers, a expliqué que la collectivité avait refusé d’augmenter la part régionale de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE), une perte estimée à 46 millions d’euros par an. Il a souligné que, si Ségolène Royal avait mis l’accent sur les investissements environnementaux, ceux-ci devaient être adaptés aux moyens financiers et respecter les règles budgétaires. La CRC a confirmé en décembre 2016 que la région affichait une dette non réglée de 111 millions d’euros et 172 millions d’euros d’emprunts, dont 46 estimés toxiques. Le rapport de la CRC a également confirmé une forte dégradation des indicateurs budgétaires de l’ancienne Poitou-Charentes. La CRC n’a pas commenté ce rapport, indiquant qu’il s’agissait d’un document extrêmement précis qui ne pouvait être commenté dix ans plus tard. Dominique Breillat a expliqué que le style de gestion sous Ségolène Royal se caractérisait par une sous-estimation des budgets et le report de dépenses d’une année budgétaire à l’autre. Il a noté qu’aucune critique de ce type n’avait été formulée à l’encontre de ses prédécesseurs, Jean-Pierre Raffarin et Élisabeth Morin. La capacité de remboursement de la dette de Poitou-Charentes s’élevait à 18,9 ans au 31 décembre 2015, contre 8 ans pour la région Provence-Alpes-Côte d’Azur et 2,6 ans pour l’Aquitaine. Le rapport de la CRC n’a pas utilisé le terme de « région ruinée », car une collectivité territoriale ne peut pas être mise en faillite comme une entreprise privée. Patrice Raymond, professeur à l’université Bourgogne Europe, a confirmé que Poitou-Charentes avait connu une dégradation bien plus rapide que la moyenne des régions. Il a alerté sur la situation « au moins préoccupante » de la grande majorité des collectivités locales et appelé à la mise en place urgente de stratégies budgétaires et financières partagées et négociées.