La production industrielle française a ralenti en septembre, mais l'aérospatiale et l'électronique restent solides, les problèmes d'approvisionnement et la hausse des coûts pesant sur les marges.
Banque de France publie son enquête sur le climat des affaires
La Banque de France a publié le 12 octobre son enquête mensuelle sur le climat des affaires, fondée sur les réponses d'environ 8 500 entreprises ou établissements recueillies entre le 27 septembre et le 5 octobre. Cette enquête donne un aperçu de l'état actuel de l'activité industrielle et des difficultés rencontrées par les entreprises dans différents secteurs.Ralentissement de la croissance de la production industrielle
La production industrielle a continué d'augmenter en septembre, mais à un rythme plus lent que prévu. La Banque de France souligne que ce ralentissement ne traduit pas une baisse généralisée de la demande, les livraisons restant soutenues dans certains secteurs. Toutefois, des problèmes d'approvisionnement provoquent des retards dans certains domaines.Carnets de commandes toujours bien garnis dans certains secteurs
Les carnets de commandes restent particulièrement remplis dans l'aéronautique, les équipements électriques ainsi que les produits informatiques, électroniques et optiques. La Banque de France attribue cette situation à la forte demande dans l'aéronautique, la défense, l'électrification et les infrastructures numériques. Dans les équipements électriques, la demande émanant des centres de données soutient les commandes, même si un carnet de commandes bien rempli ne se traduit pas toujours par une production immédiate.Difficultés de production dans l'aéronautique et les équipements électriques
La production dans les équipements électriques a reculé en septembre, en partie à cause de problèmes d'approvisionnement, tandis que l'aéronautique reste très dynamique. Toutefois, les chaînes d'approvisionnement de l'aéronautique sont sous tension, avec des difficultés concernant les moteurs et certains équipements. Environ 20 % des entreprises aéronautiques signalent des problèmes d'approvisionnement, contre 11 % pour l'ensemble de l'industrie.Taux d'utilisation élevé des capacités de production
Le taux d'utilisation des capacités de production (TUC) a atteint 76,8 % en septembre, contre 76,4 % en août. Ce taux reste particulièrement élevé dans l'électronique et les équipements électriques, malgré un léger recul. Dans l'aéronautique, le TUC rebondit fortement en raison d'une activité soutenue.Hausse des stocks de produits finis
Les stocks de produits finis ont légèrement augmenté en septembre, notamment dans l'industrie agroalimentaire et l'aéronautique. Dans l'aéronautique, cette hausse est liée à l'accélération de la production et aux tensions sur les approvisionnements. Les difficultés de recrutement persistent, touchant 16 % des industriels, contre 18 % pour l'ensemble des entreprises interrogées.Carnets de commandes faibles dans certains secteurs
À l'inverse, les carnets de commandes restent très faibles dans la chimie, le bois-papier-imprimerie et le caoutchouc-plastique-verre. Dans ces secteurs, la faiblesse de la demande continue de peser sur les perspectives. Le secteur bois-papier-imprimerie présente une situation plus nuancée, son activité s'étant stabilisée en septembre grâce à la préparation par les fabricants d'emballages en carton des commandes de fin d'année.Faible taux d'utilisation et tensions sur la trésorerie
Dans le bois et le caoutchouc-plastique-verre, le taux d'utilisation des capacités reste faible et la trésorerie demeure tendue, tout comme dans la chimie et la métallurgie. Ces secteurs continuent de faire face à des difficultés liées à une demande faible et à des capacités de production limitées.Hausse des coûts d'intrants et augmentations de prix limitées
L'enquête indique que la faiblesse de certains marchés se combine à la hausse du coût des intrants. Les prix des matières premières industrielles ont fortement augmenté en septembre, selon les dirigeants d'entreprise interrogés. Ce mouvement touche l'ensemble des secteurs, en particulier la chimie, le caoutchouc-plastique-verre et l'industrie automobile.Répercussion limitée de la hausse des coûts d'intrants
Les prix de vente industriels, en revanche, ont augmenté de manière bien plus modérée. La Banque de France note une répercussion limitée dans la chimie et le caoutchouc-plastique-verre, où la demande reste faible, et une hausse plus marquée dans les équipements électriques. En septembre, 13 % des industriels ont relevé leurs prix, contre une moyenne de 10 % à cette période. La hausse des prix de vente ne compense que partiellement l'augmentation des coûts d'intrants, ce qui pèse sur les marges industrielles.Perspectives pour octobre et PIB du troisième trimestre
Pour octobre, les industriels anticipent une accélération de la production, avec un fort rebond dans les équipements électriques et un renforcement de l'électronique. En revanche, l'industrie automobile devrait reculer fortement en raison de fermetures temporaires de sites. Pour le troisième trimestre, la Banque de France estime que le produit intérieur brut (PIB) progresserait d'environ 0,1 %, les services marchands et l'énergie soutenant l'activité, tandis qu'un recul significatif de la valeur ajoutée est attendu dans l'industrie manufacturière et la construction.