Le PMI manufacturier français passe sous la barre des 50

Le PMI manufacturier français est tombé à 49,5 points en octobre 2026, selon les résultats définitifs publiés le 2 novembre, contre 50,6 en septembre. Les nouvelles commandes reculent au rythme le plus rapide depuis juillet 2025, tandis que les fabricants signalent une nouvelle accélération de leurs coûts.

Le PMI mesure les tendances de l'activité économique

Le PMI est calculé à partir des réponses de directeurs des achats d'entreprises industrielles. Au-dessus de 50 points, il indique une amélioration globale des conditions d'activité par rapport au mois précédent ; en dessous, une détérioration. Le résultat français de 49,5 points confirme le retour à la contraction après deux mois d'expansion.

Les industriels français font état d'une activité en baisse

Selon un rapport de Reuters sur l'enquête S&P Global et HCOB, le recul touche les commandes et les volumes de production. Les entreprises interrogées ont également réduit leurs achats et leurs effectifs. Leurs anticipations d'activité se sont dégradées par rapport à septembre, atteignant leur niveau le plus bas depuis douze mois.

Un contraste avec la zone euro

Le contraste avec les autres pays de la zone euro est net. Une enquête européenne sur le secteur manufacturier publiée le même jour affiche 52,7 points en octobre, contre 52,9 en septembre. L'industrie de la zone euro continue globalement de croître, bien que son rythme ait ralenti. La France et l'Italie figurent parmi les pays où l'activité s'est contractée.

Une demande faible et des coûts en hausse

Les nouvelles commandes diminuent plus vite et les prix repartent à la hausse. La faiblesse de la demande constitue le signal le plus préoccupant pour les industriels français. Les nouvelles commandes ont enregistré leur baisse la plus marquée depuis juillet 2025, selon S&P Global. Les ventes à l'exportation reculent également, tandis que la production baisse après deux mois de croissance.

Des pressions sur les coûts venues de plusieurs sources

Les difficultés ne se limitent pas à la demande du marché. Les entreprises interrogées évoquent des hausses de coûts liées aux matières premières, aux carburants et à l'énergie, ainsi que des perturbations de leurs chaînes d'approvisionnement. L'inflation des prix d'achat atteint un sommet en quatre mois, et les prix de vente augmentent au rythme le plus rapide depuis mai, selon une synthèse de l'AFP publiée le 2 novembre.

Des entreprises confrontées à la fixation des prix et à la demande

Cette combinaison complique les décisions des entreprises : une demande plus faible limite leur capacité à relever leurs prix, tandis que leurs fournisseurs facturent davantage. Les fabricants peuvent alors ajuster leurs stocks, leurs achats ou leurs effectifs, comme le montrent les réponses recueillies en octobre.

Le PMI fournit des signaux économiques précoces

Le PMI est un indicateur économique avancé, et non une mesure directe de la production industrielle ou du produit intérieur brut. Il permet toutefois d'observer rapidement le climat des commandes, les délais d'approvisionnement et les pressions sur les prix. La publication définitive du 2 novembre apporte ainsi un éclairage supplémentaire sur la fragilité de l'activité industrielle au début du quatrième trimestre.

Des perspectives incertaines

La comparaison européenne met en évidence une divergence : les usines françaises font face à un recul des commandes alors qu'une grande partie de la zone euro continue de signaler une expansion. Les prochains chiffres de production de l'Insee et les enquêtes de novembre diront si ce recul se poursuit ou s'atténue. Pour les entreprises, l'évolution des commandes et des coûts de l'énergie sera déterminante pour les décisions de production et d'embauche dans les semaines à venir.