Tom Cruise : Digger essuie une perte financière massive

Le dernier film de Tom Cruise, Digger, est décrit comme un désastre commercial, avec des pertes qui frôleraient les 245 millions de dollars selon The Wrap, ce qui en fait l'un des échecs commerciaux les plus coûteux de l'histoire de Warner Bros. Réalisé par Alejandro G. Iñárritu et doté d'un budget compris entre 125 et 180 millions de dollars, le film n'a rapporté que 39 millions de dollars dans le monde au cours de ses deux premières semaines, dont 16 millions en Amérique du Nord, selon Box Office Mojo.

Une fréquentation en deçà des attentes

En France, Digger a attiré moins de 270 000 spectateurs, ce qui le place à la neuvième place du classement français, loin derrière les films avec Brad Pitt, Kev Adams et Élie Semoun, selon le CBO. Ce résultat contraste fortement avec les précédents films de Cruise, comme Mission : Impossible : The Final Reckoning (2025), Mission : Impossible : Dead Reckoning (2023) et Top Gun : Maverick (2022), qui avaient rassemblé nettement plus de spectateurs.

Les critiques pointent les attentes du public et l'image de Cruise

Selon les critiques, l'échec de Digger pourrait s'expliquer par le désir du public de voir Tom Cruise dans les franchises qui l'ont rendu célèbre, plutôt que dans un rôle nouveau et non conventionnel. La critique de cinéma Lucile Commeaux, de France Culture, note que le public attend de Cruise qu'il incarne une figure « profondément stable et rassurante », plutôt que de le voir dans un état « dégradé ». Ben Croll, de Variety, ajoute que l'image publique de Cruise est liée à un « star-persona », qui comprend le type américain, assuré et typiquement reaganien, un rôle qu'il a joué de manière constante dans ses films.

Une stratégie marketing critiquée pour avoir déçu les fans

La stratégie marketing de Digger est elle aussi critiquée. Ben Croll estime que Warner Bros. a mis en avant la nouvelle apparence de Cruise, avec prothèses et accent différent, ce qui aurait pu convenir à un acteur comme Johnny Depp, mais pas à Cruise, dont le public attend qu'il reste reconnaissable. La campagne promotionnelle du film a misé sur la surprise et le mystère, à l'image de The Drama (2026) et Primetime (2026), une approche que certains critiques jugent risquée.

L'évolution des habitudes du public et des goûts cinématographiques

Jordan Mintzer, de The Hollywood Reporter, souligne que l'évolution des habitudes du public, comme l'essor des plateformes de streaming et la hausse des prix des billets, fait que les spectateurs vont désormais au cinéma pour une « bonne raison », en attendant généralement un produit sûr et réussi ou un phénomène critique. Il suggère que l'échec de Digger pourrait signaler un recul de l'attrait pour les films d'auteur cyniques, qui peinent à rivaliser avec des blockbusters plus directs comme Spider-Man : Brand New Day et The Odyssey.

Alejandro G. Iñárritu sous le feu des critiques après Digger

Alejandro G. Iñárritu, qui avait déjà connu le succès avec The Revenant (2016), lequel avait attiré 3,8 millions de spectateurs en France, fait l'objet de critiques pour Digger. Malgré sa conviction que le film provoque et interroge le public, les résultats en salle sont décevants. Jordan Mintzer avertit que cet échec pourrait révéler un problème plus large pour les films d'auteur à Hollywood, d'autant que Warner Bros. a changé de cap depuis son rachat par Paramount et le départ de ses anciens dirigeants Michael De Luca et Pamela Abdy.

Inquiétudes de l'industrie sur l'orientation créative

Ben Affleck a récemment défendu Digger dans son podcast Happy Sad Confused, exprimant sa préoccupation face à un secteur qui s'éloigne des contenus originaux et diversifiés. Il estime que, sans soutien aux œuvres originales et ambitieuses, Hollywood risque de perdre son avance créative.