L’Inrap, l’Institut national de recherches archéologiques préventives français, a participé au Festival international de géographie (FIG) de Saint-Dié-des-Vosges, qui s’est tenu du 2 au 4 octobre 2026. Ce festival, qui en était à sa trente-septième édition, a depuis longtemps fait de Saint-Dié-des-Vosges un lieu central des débats géographiques, réunissant experts et passionnés pour explorer l’évolution des régions et des environnements au fil du temps. Cette année, le thème central portait sur le paysage, reflétant une compréhension élargie de la manière dont les paysages – qu’ils soient naturels, façonnés par l’homme ou affectés par le changement climatique – façonnent et sont façonnés par l’histoire et la société humaines. Le concept de paysage, tel qu’exploré par les géographes, dépasse la simple description de la nature. Il englobe une multitude de facteurs, parmi lesquels les transformations écologiques, les pratiques culturelles et les décisions politiques, en faisant un sujet pluridisciplinaire qui peut être appréhendé par tous les sens. Les paysages constituent à la fois un défi et un outil pour les sociétés, offrant des clés de compréhension des modes de vie passés et présents. L’archéologie préventive, qui consiste à étudier et à documenter les sites archéologiques avant qu’ils ne soient perturbés par des travaux ou des aménagements, joue un rôle clé dans cette réflexion. Ces études permettent de mettre au jour les strates de l’histoire enfouies dans le sol, révélant comment les activités humaines passées ont laissé des traces durables sur l’environnement. L’un des temps forts du festival a été une conférence d’Erwan Bergot, responsable des recherches archéologiques à l’Inrap, intitulée Traces des paysages de la Grande Guerre. Lors de son intervention, Bergot a expliqué comment l’archéologie préventive aide à décrypter les vestiges matériels de la Première Guerre mondiale, qui continuent d’influencer le paysage actuel. Plus d’un siècle après le conflit, les stigmates des combats, des infrastructures militaires et de la reconstruction d’après-guerre persistent dans le terrain, offrant des enseignements historiques précieux. Ces travaux sont essentiels pour comprendre l’impact à long terme des conflits humains sur l’environnement. Lors du festival, une table ronde, animée par Pascal Ratier de l’Inrap, a réuni les archéologues Louis Deweyer, Jeremy Gracio et Agnès Charignon. Ils ont évoqué la manière dont les archéologues reconstruisent les paysages du passé, en s’appuyant sur des exemples issus de fouilles menées dans les Vosges et ailleurs. En étudiant les vestiges des paysages paléolithiques, antiques, médiévaux et modernes, les chercheurs approfondissent leur connaissance des interactions entre les sociétés passées et leur milieu. Ces reconstructions sont indispensables pour reconstituer la relation complexe entre l’histoire humaine et le monde naturel.