Une nouvelle enquête menée par l'Observatoire de l'anxiété écologique (Obseca) révèle que 15,1 millions de personnes en France souffrent d'anxiété écologique, plus d'un tiers de la population déclarant un niveau élevé ou très élevé de préoccupation concernant les enjeux environnementaux. L'enquête a eu lieu durant une vague de chaleur en juillet 2026, et elle a montré que les personnes vivant dans des zones urbaines très densément peuplées sont plus touchées, avec une augmentation de 62 % de l'anxiété écologique par rapport à celles vivant dans des régions moins peuplées. L'étude, qui a inclus 1 000 participants, a révélé que 36 % de la population ressentaient un niveau élevé ou très élevé d'anxiété écologique, soit une augmentation de 20 % par rapport à une enquête similaire en 2024. L'anxiété écologique désigne le stress psychologique causé par les préoccupations liées à la dégradation environnementale et au changement climatique. Pierre-Éric Sutter, psychologue et fondateur de l'Obseca, a expliqué que le cerveau humain n'était pas naturellement équipé pour gérer ce type de menace à long terme et globale, ce qui peut entraîner des sentiments d'impuissance et de détresse psychologique. Charline Schmerber, psychopraticienne spécialiste des problèmes psychologiques liés à la crise écologique, a noté que l'exposition répétée à des informations anxiogènes, combinée à un manque de sommeil dû à la chaleur extrême, pouvait conduire à une fatigue physique et mentale. Manuela Santa Marina, psychologue clinicienne, a souligné que l'anxiété écologique ne devrait pas être considérée comme un trouble à guérir, mais plutôt comme une question de santé publique qui reflète un défi sociétal plus large. L'enquête a également révélé que le fait de vivre ou non dans des maisons climatisées n'avait pas un effet significatif sur les niveaux d'anxiété écologique. Cependant, les personnes exposées directement à la chaleur extrême dans le cadre de leur travail, comme les travailleurs extérieurs, ont déclaré des niveaux plus élevés d'anxiété écologique. Les jeunes âgés de 15 à 24 ans ont été trouvés comme les plus touchés, tandis que les retraités étaient les moins concernés, aucun ne déclarant un "très fort" niveau d'anxiété écologique. Cela met en évidence la manière dont différentes étapes de la vie et les expériences peuvent influencer la perception des risques environnementaux. La principale réponse du gouvernement français à la vague de chaleur d'été a été une campagne de sensibilisation publique encourageant les individus à prendre des actions personnelles, telles que rester hydraté, fermer les fenêtres et éviter les activités en extérieur pendant les heures les plus chaudes de la journée. Bien que Charline Schmerber ait reconnu que ces efforts n'étaient pas entièrement inutiles, elle a souligné qu'ils mettaient trop de responsabilité sur les individus, sans aborder le besoin d'améliorer l'infrastructure environnementale. Cette réponse souligne un débat plus large sur la manière d'efficacement gérer et atténuer les impacts psychologiques et physiques du changement climatique.