L'élevage caprin en Auvergne-Rhône-Alpes se porte bien

Pierre-Jo Aufranc, président de l'Association nationale interprofessionnelle caprine (Anicap), indique que l'élevage caprin connaît une forte croissance en Auvergne-Rhône-Alpes. La région bénéficie d'entreprises bien implantées qui collectent le lait et produisent plusieurs AOP (appellations d'origine protégée), des labels de qualité européens pour des produits ayant une origine géographique et des méthodes de production spécifiques.

Les difficultés liées à la consommation

Si le secteur caprin n'a pas été fortement touché par les récents changements climatiques, des inquiétudes existent quant à la possible baisse des ventes de produits à forte valeur ajoutée, en raison de la diminution du pouvoir d'achat des consommateurs. Maintenir les prix payés aux producteurs et développer la production nécessitent des investissements importants, ce qui représente un défi pour les éleveurs.

Santé et actions de promotion

La chèvre apparaît moins souvent sur les cartes de suivi de la maladie hémorragique virale du lapin (MHVL), une maladie virale qui touche les lapins, mais la vigilance reste de mise. L'Anicap travaille à la promotion du fromage de chèvre à travers de nouvelles recettes et au développement de produits innovants à base de lait de chèvre afin de renforcer l'attractivité du secteur.

Résistance aux conditions climatiques

L'élevage caprin a montré une meilleure résistance aux récentes sécheresses et canicules que d'autres espèces d'élevage, en partie grâce à la présence des animaux dans des zones montagneuses moins touchées par les changements climatiques. La pousse de l'herbe au printemps a soutenu la production, mais les conditions actuelles deviennent plus difficiles. La production laitière est restée stable ou a augmenté malgré les années sèches.

Promouvoir le métier et faire face aux enjeux de main-d'œuvre

L'Anicap promeut l'élevage caprin à travers des initiatives telles que les journées « Demain, je m'installe » organisées dans les exploitations, destinées à attirer de nouveaux producteurs. Le secteur compte une main-d'œuvre relativement jeune et un équilibre entre hommes et femmes, les éleveuses étant particulièrement bien adaptées à ce métier. Toutefois, la brièveté des carrières et le manque de perspectives de long terme restent des préoccupations.

L'avenir de la production de viande de chevreau

Le secteur fait face à des défis concernant l'avenir de la production de viande de chevreau. Ces dernières années, des techniques de lactation longue se sont développées ; elles réduisent le nombre de chevreaux, mais permettent une production laitière toute l'année. La restauration collective a commencé à promouvoir la consommation de viande de chevreau, mais la fermeture de l'abattoir LDC en Saône-et-Loire a obligé à réorganiser les circuits de transport. Actuellement, seuls deux abattoirs en France traitent l'abattage des chevreaux : Ribot dans le Vaucluse, ainsi que Loeul et Piriot. La reprise de l'engraissement par Loeul et Piriot dans l'Ouest constitue une avancée positive.