Quatre chaises sont restées vides lors d'un débat sur les pesticides, les candidats de droite et d'extrême droite ayant refusé d'y participer, soulignant une inquiétude croissante de santé publique en France.
Des chaises vides dans le débat sur les pesticides
Quatre chaises sont restées vides lors d'un débat sur les pesticides organisé le 10 octobre 2026 par Générations futures et les Mutuelles pour la santé planétaire. Les candidats de droite et d'extrême droite à l'élection présidentielle ont refusé de participer au débat sur les pesticides organisé le 10 octobre avec leurs concurrents.La gauche peine sur la sortie des pesticides
À gauche, les candidats ont eu du mal à s'accorder sur une sortie des pesticides. Pourtant, le débat n'en était pas vraiment un, car les personnes présentes partageaient la nécessité de sortir des pesticides et de passer le plus rapidement possible à une agriculture 100 % biologique en France, contrairement aux candidats absents.Les organisateurs veulent un vrai débat
Les organisateurs avaient tout fait pour qu'un véritable débat d'idées ait lieu, en multipliant les appels aux partis politiques. « Nous avons dû nous battre, pour être ignorés au final », déplore l'un des responsables de l'événement. Certains candidats portaient un ruban lors d'Octobre rose, une campagne mondiale de sensibilisation au cancer du sein, et ont refusé de venir à un débat sur la santé publique, ce qui est contradictoire.Des médecins réclament l'attention
La médecin généraliste Judith Louyot avait également rédigé une lettre ouverte, publiée dans le journal La Tribune et signée par 300 autres médecins, pour interpeller les candidats qui n'avaient pas encore répondu à l'invitation. Elle a rappelé que 23 millions de Français souffrent d'une maladie chronique ou d'un cancer, et que de nombreuses études scientifiques attestent d'une forte présomption de lien entre certaines de ces maladies et l'exposition aux pesticides.Droite et extrême droite absentes
Malgré tous ces appels, rien n'y a fait. Gabriel Attal, Édouard Philippe, Bruno Retailleau et Marine Le Pen ne sont pas venus. Une sortie en cinq ans, en quinze ans, en vingt-quatre ans ? À gauche et chez les écologistes, Delphine Batho (Génération Écologie) a été la seule candidate à se déplacer en personne, dans ce hangar de stockage de légumes.Une position forte sur les pesticides
Delphine Batho, candidate de Génération Écologie, a choisi de se positionner fortement et a été la seule à vraiment contester ses concurrents et à souligner les différences entre son projet et le leur. « Il y a un enjeu de santé publique majeur, qui est un scandale sanitaire, et il faut s'en débarrasser immédiatement », a-t-elle déclaré.Un plan de sortie en cinq ans
Delphine Batho propose de « rompre avec la logique de réduction progressive » des pesticides : elle veut passer à une agriculture 100 % biologique en France en seulement cinq ans. « Au bout de cinq ans, il n'y aura plus de subventions publiques pour les exploitations qui utilisent encore des engrais de synthèse et des pesticides », a-t-elle explicitement affirmé.Des calendriers différents pour la sortie
La question du calendrier de sortie des pesticides a été, pendant les deux heures et demie que, a duré le débat, le seul véritable point de divergence entre les différents candidats, chacun partageant l'idée qu'il faut les interdire à long terme. « Nous voulons éliminer les pesticides avant 2050 », a affirmé l'agriculteur Benoît Biteau, représentant la candidate Marine Tondelier (Les Écologistes), qui n'a pas pu venir en raison de son accouchement survenu trois semaines plus tôt.Un financement public pour la transition
Il a estimé que l'argent public ne devrait plus « irriguer » « l'agriculture que l'on veut voir disparaître » et que l'État devrait payer les agriculteurs pour les accompagner dans la transition agroécologique. « Donc 2050 est un objectif, mais si on met tout cela en place dès 2027 », espère Benoît Biteau, pour une sortie plus rapide des pesticides.Des échéances floues pour certains
Même esprit du côté du Parti socialiste. « Les mesures que nous voulons prendre sont globalement similaires. Oui, il faut réorienter les financements publics », a déclaré Anna Pic, la représentante du parti. Nous visons 100 % d'agroécologie en quinze ans, ce qui ne veut pas dire que nous n'aurons pas arrêté les pesticides avant.Des objectifs et des plans progressifs
Amar Bellal, représentant Fabien Roussel (Parti communiste français), absent en raison de la tenue du conseil national du parti le même jour, a plaidé pour une réduction de 50 % de l'usage des pesticides d'ici 2035, puis une sortie complète d'ici 2050. Du côté de La France insoumise, le calendrier est plus flou.Des engagements flous de certains
Mathilde Hignet, représentant Jean-Luc Mélenchon, absent en raison d'un grand meeting organisé à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) au même moment, a seulement affirmé vouloir sortir des pesticides « le plus tôt possible ». « Plus vite nous actionnerons les leviers dont nous disposons, plus vite nous en sortirons », a-t-elle affirmé.Une approche par filière
Même un léger flou du côté de François Ruffin (Debout !). « Le plus tôt sera le mieux, cela doit se décliner filière par filière, on ne sort pas des pesticides de la même manière quand on est céréalier ou viticulteur », a répondu Franck Rinchet-Girollet, son représentant. Yannick Jadot, représentant Raphaël Glucksmann (Place publique) malgré son appartenance au parti écologiste, n'a pas précisé le calendrier envisagé par son candidat pour sortir des pesticides.Présence au débat et perspectives
Tout au long du débat, Yannick Jadot a également davantage évoqué le parcours des écologistes et leur actualité – le groupe écologiste proposera ainsi le 22 octobre, lors de sa niche parlementaire au Sénat, un texte sur la contamination au cadmium et un autre sur la création d'un panier de produits sains à prix coûtant – plutôt que celui de Raphaël Glucksmann, qui a depuis remporté la primaire sociale-démocrate le 11 octobre.Intérêt du public et débats à venir
Selon les organisateurs, 300 personnes ont assisté au débat sur place, et un millier l'ont suivi en direct sur internet. Alors que le premier tour de l'élection présidentielle aura lieu dans six mois, il est souhaité que de nombreux autres débats sur les pesticides soient organisés à plus grande échelle. Et surtout, que les candidats de droite et d'extrême droite viennent, cette fois, assumer leur vision pro-pesticides devant un nombre croissant de Français inquiets pour leur santé.