Débat au Sénat sur les pesticides

Le jeudi 22 octobre, les sénateurs ont débattu de la sortie des pesticides, à l'initiative des écologistes. La discussion a eu lieu au Sénat, où le groupe écologiste avait initialement prévu de défendre une proposition de loi visant à réduire le taux maximal autorisé de cadmium dans les engrais.

Changement de stratégie des écologistes

Ils ont finalement renoncé à présenter leur texte, craignant que la droite ne le « torpille » en adoptant une baisse moins importante de la teneur en cadmium. Les écologistes ont donc demandé un débat sur la sortie des pesticides et la lutte contre le cancer, en présence de Mathieu Lefèvre, ministre délégué à la Transition écologique.

Débat pendant le « mois rose »

Le débat, qui s'est tenu pendant le « mois rose », période consacrée à la sensibilisation au cancer du sein, a été boudé par la grande majorité des élus de droite. Il a duré moins d'une heure et demie, avec une douzaine d'interventions.

Négation du lien entre pesticides et cancer

Le sénateur Vincent Louault, du groupe Horizons, a nié tout lien entre la hausse du nombre de cancers et les pesticides, qualifiant le débat d'« énième débat polémique ». Il a préféré parler de « produits phytopharmaceutiques » et a omis le rôle des biocides dans l'épidémie de cancers.

Des risques liés aux pesticides documentés

Il a affirmé que la progression des cas de cancer s'explique surtout par le vieillissement de la population et l'amélioration du dépistage. Pourtant, les preuves s'accumulent sur ce sujet, notamment l'expertise de l'Inserm de 2021. Le nombre de patients atteints d'un cancer de la prostate demandant une indemnisation auprès du fonds d'indemnisation des victimes de pesticides ne cesse d'augmenter, et de plus en plus de médecins et de chercheurs réclament une réduction drastique de ces produits toxiques.

Critique de la démarche des écologistes

Le sénateur Louault a accusé les écologistes de créer une culture de la méfiance envers la science et d'« instrumentaliser la peur ». Il les a qualifiés de semeurs de doute et de conspirateurs, un paradoxe alors que les industries agrochimiques ont imposé leurs substances en diffusant une « fausse science ».

Défense des produits agrochimiques

Il a également déclaré que « avec vous, les vendeurs de tisanes ont de beaux jours devant eux », et a insisté sur le fait que « les produits phytopharmaceutiques sont vitaux pour la survie des exploitations agricoles », affirmant que la France produit « l'alimentation la plus saine du monde ». Il a averti que les propositions des écologistes conduiraient à importer davantage de produits étrangers.

Bilan environnemental du gouvernement

Mathieu Lefèvre, ministre délégué à la Transition écologique, a indiqué qu'il « partage » la vision d'une « écologie qui ne s'enlise dans aucun dogmatisme », en particulier celle de la gauche, qui consisterait, selon lui, à prétendre que tout peut se résoudre par l'impôt et la réglementation. Il a défendu le bilan du gouvernement Macron en matière de santé environnementale, citant la protection des captages d'eau, bien que celle-ci soit largement insuffisante.

Influence de la gauche sur les politiques publiques

Les autres « avancées » revendiquées, comme la baisse des teneurs en cadmium, l'interdiction d'importer des produits traités avec des pesticides interdits, ou le renforcement de la surveillance des PFAS, ont été portées dans le débat et à l'agenda du gouvernement par les partis de gauche.

Échec des plans de réduction des pesticides

Les plans Ecophyto, censés réduire la dépendance aux pesticides, sont considérés comme un échec, et le nombre d'exploitations engagées dans l'agriculture biologique a diminué. À six mois de l'élection, les sénateurs de droite et du centre ont confirmé le désintérêt de leurs partis pour la santé environnementale.

Rejet de propositions axées sur la santé

Au début du mois d'octobre, les candidats de droite à l'élection présidentielle avaient catégoriquement refusé de participer au débat sur les pesticides organisé avec leurs concurrents. Une autre proposition des écologistes, visant à créer un panier de 100 produits alimentaires sains et de qualité vendus à prix coûtant dans les grandes surfaces, a été rejetée par la majorité de droite et du centre.