Le rayonnement mondial et la croissance de Banijay

Lors du MIA – Mercato Internazionale Audiovisivo, le 19 octobre, le directeur général de Banijay Entertainment, Marco Bassetti, a évoqué l'expansion de l'entreprise et son rôle changeant à l'ère du streaming. Il a souligné que Banijay est devenu le premier groupe de production indépendant au monde à la suite de sa fusion avec All3Media en juillet.

Envergure de l'entreprise et chiffres financiers

Banijay est présent dans 25 pays, avec plus de 170 labels de production et 1 750 formats dans son catalogue. Selon les informations disponibles, le groupe a réalisé un chiffre d'affaires de 4,3 milliards d'euros en 2025 et produit environ 19 000 heures de contenus par an, pour une bibliothèque dépassant 265 000 heures.

Contenus et position de Banijay sur le marché

M. Bassetti a décrit Banijay comme le premier studio européen de propriétés intellectuelles en non-fiction, citant des marques internationales telles que MasterChef, Big Brother, The Traitors et Survivor, ainsi que des fictions comme Peaky Blinders. Il a toutefois reconnu que Banijay reste un acteur modeste comparé aux géants mondiaux de la technologie et de l'audiovisuel, alors que les dépenses mondiales en contenus sont estimées à 210 milliards d'euros.

Transformation et acquisitions de Banijay

M. Bassetti a retracé la transformation du groupe à travers ses acquisitions clés, notamment celle de Zodiak Media en 2016 et d'Endemol Shine en 2020, ainsi que la récente fusion avec All3Media. Ces opérations ont permis d'acquérir des compétences difficiles à développer en interne, comme la distribution, la production en langue anglaise et l'expertise numérique.

Modèle économique et défis de Banijay

M. Bassetti a affirmé que la production traditionnelle représente désormais environ 75 % de l'activité de Banijay, et que l'entreprise se définit comme une société de divertissement plutôt que comme une société de production. Il a également souligné que la taille ne garantit pas automatiquement de meilleures conditions auprès des plateformes de streaming, qui conservent un pouvoir considérable dans les négociations.

Droits des producteurs et défis du secteur

M. Bassetti a critiqué l'érosion des droits des producteurs, estimant que les modèles de commande actuels découragent l'investissement dans les idées originales. Il a relevé que les diffuseurs commerciaux comme publics n'investissent pas dans la créativité, laissant aux producteurs la charge du risque financier. Il a également reproché aux décideurs politiques européens de se concentrer trop sur l'attraction de tournages et de l'emploi, plutôt que sur la construction d'entreprises pérennes détenant leurs droits.

Incitations à la production et rôle de YouTube

M. Bassetti a indiqué que les incitations à la production en Italie sont souvent éclipsées par des dispositifs plus généreux ailleurs, et que les retards de paiement pèsent davantage sur les petits producteurs. Si Banijay peut investir ses propres ressources dans les productions, il a rejeté l'idée que la publicité sur YouTube puisse remplacer le financement conventionnel pour des contenus originaux ambitieux, insistant sur l'importance de valoriser les catalogues existants et les formats longs.

Diversification et impact de l'intelligence artificielle

M. Bassetti a évoqué la diversification au-delà des écrans traditionnels, citant par exemple les cérémonies internationales de Balich Wonder Studio et les spectacles immersifs de Lotchi. Il a aussi abordé l'intelligence artificielle, soulignant son rôle dans la rationalisation des fonctions support, sans pour autant transformer en profondeur la production. Il s'est dit préoccupé par le risque que les gains d'efficacité profitent aux commanditaires plutôt qu'aux producteurs.

Ambitions futures et objectifs stratégiques

Pour l'avenir, M. Bassetti a présenté l'ambition de Banijay de se développer au-delà de l'Europe et de rivaliser directement avec les grands géants du divertissement mondial. Il a insisté sur la nécessité de bâtir une entreprise capable de conserver, de distribuer et d'exploiter la valeur de ses contenus sur de multiples plateformes et dans diverses expériences.